dimanche 17 février 2019

La laïcité à la Legault : un pan d’une politique identitaire stigmatisante


Parlons de laïcité avec Bernard Rioux



La laïcité à la Legault : un pan d’une politique identitaire stigmatisante 



Mardi 5 février 2019 / DE : Bernard Rioux

François Legault nous a annoncé qu’il allait faire adopter d’ici l’été prochain une loi interdisant le port de signes religieux ostensibles chez les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor en 2008. Il ajoute a cette liste les enseigant-e-s du primaire et du secondaire de l’École publique. Les écoles privées seraient exemptées de cette loi. Il justifie cette exemption par le fait que « cette loi ne passera pas comme une lettre à la poste » et qu’il vaut mieux prendre une bouchée plus petite. Il a déclaré qu’il tranchera lui-même à savoir si cette loi sera liée à une clause sur les droits acquis pour les personnes déjà en emploi qui refuseraient d’enlever leurs signes religieux qui pourraient ainsi ou non conserver leur emploi. Le caucus caquiste semble largement s’opposer à cette clause dite « grand-père ». L’objectif, affirme-t-il, c’est d’enfin tourner la page sur ce débat qui s’étend depuis près de deux décennies sans que les gouvernements libéraux et péquiste ne soient parvenus à régler la question. Il prête un poids important à cette loi, car il a déclaré [1], qu’elle permettra de lutter contre le racisme et l’extrémisme dans la province. Le Parti libéral du Québec s’est déjà prononcé contre ce projet de loi annoncé par le gouvernement. Le Parti québécois et Québec solidaire doivent préciser leurs orientations dans les semaines qui viennent.

La laïcité à la Legault : un pan d’une politique identitaire stigmatisante

Pour beaucoup, la discussion sur la laïcité serait un débat en soi, séparé de tous les autres et particulièrement de ceux des rapports de la majorité aux minorités ethnoculturelles. Legault et son gouvernement ne sont visiblement pas de cet avis. Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre d’une série de politiques qui traitent de cette question. La proposition de réduire les seuils d’immigration de 20% faisant passer le nombre d’immigrant-e-s reçu-e-s de 50 000 à 40 000 au nom d’une meilleure intégration-assimilation à la société québécoise en est un autre pan comme l’est également l’instauration d’un test d’adhésion aux valeurs québécoises et d’un test de connaissance du français, promesses électorales sur lesquelles il a été élu. Il ne faut pas s’étonner que le débat sur la laïcité soit appelé à soulever les questions de l’immigration, de la défense des valeurs québécoises, de la xénophobie et du racisme. Il est donc tout à fait illusoire de croire que l’adoption de la proposition de la commission Bouchard-Taylor sur les signes religieux ou celle de la Coalition Avenir Québec, permettra de tourner la page sur la laïcité au Québec et sur la question des contradictions dans les relations entre la majorité eurodescendante et les minorités racisées dans le Québec d’aujourd’hui dans lequel cette question s’inscrit.

L’escamotage des fondements d’une laïcité d’inclusion au profit d’une laïcité identitaire

Une laïcité véritable est une « politique de pacification par le droit » [2]. Elle permet d’assurer la liberté de conscience par la séparation de la politique et du religieux. Une laïcité inclusive est un combat pour l’unité citoyenne. Lorsque la laïcité devient un instrument de démarcation identitaire et d’approfondissement des divisions, elle se transforme en son contraire. C’est pourquoi il faut juger la laïcité sur ses fins avant de la juger sur ses moyens.

Le projet du gouvernement Legault s’inscrit dans une logique identitaire. Il impose aux minorités (et tout le monde comprend que ce sont les femmes musulmanes portant un foulard qui sont ici visées) travaillant dans des positions d’autorité ou aux enseignantes d’adopter la façon de vivre et de s’habiller de la communauté majoritaire. Il imposera une norme identitaire qui les rend invisibles (oo qui leur faire perdre leur emploi) au nom de l’universel et d’un traitement formellement identique. Dans cette perspective, la laïcité devient une police d’assurance contre des valeurs étrangères « aux valeurs québécoises » et contre la vision du monde importée par les immigrant-e-s qu’on définit comme porteuse de régressions sociales dangereuses. S’attaquer à quelques signes vestimentaires distinctifs risque de produire le contraire de l’effet escompté. Au lieu de renforcer la reconnaissance de leurs apports et l’ouverture à la société, elle renforcera les sentiments de stigmatisation et de rejet. Car c’est bien de tels sentiments que les discriminations économiques, politiques et culturelles que ces populations vivent qui les nourrissent actuellement . La laïcité identitaire que défend la CAQ, va renforcer de tels sentiments tout à fait à l’encontre de ses prétentions à la neutralité.

L’escamotage du véritable combat laïque au nom de la catholaïcité

L’État québécois est en grande partie déjà laïque. S’il reste des combats à ce niveau, c’est bien l’héritage de son passé catholique. Mais le gouvernement Legault rejette toute initiative à cet égard. Il refuse de retirer le crucifix de l’Assemblée nationale, d’interdire la prière catholique dans les conseils municipaux, de mettre fin aux subventions aux écoles privées confessionnelles, de retirer les signes catholiques des institutions publiques et de mettre fin aux généreux privilèges fiscaux qui favorisent les églises et les communautés religieuses. Il refuse de s’attaquer a une pleine exemption d’impôt foncier pour les institutions religieuses qui possèdent, faut-il le rappeler de nombreuses propriétés. Tout cela se fait au nom de la défense du patrimoine québécois. Comment alors y voir un traitement équitable et neutre des différentes religions ?

La politique identitariste de la CAQ ou la volonté de jouer sur l’anxiété antipluraliste existant dans la société québécoise pour consolider son appui populaire

La Coalition Avenir Québec a joué la carte identitaire durant la campagne électorale et cela lui a été profitable. Le gouvernement Legault compte bien jouer cette carte, car il sait que cela lui permettra de mettre en branle les médias et tourner micros et caméras vers son message. Il sait qu’il est profitable de surfer sur les craintes de l’étranger que les politiques sécuritaires (du gouvernement canadien) instillent à flot continu. La droite nationaliste dans différents pays sait qu’il est possible d’instrumentaliser les difficultés économiques et la précarité qui découlent de la gestion néolibérale de l’économie pour construire un bouc émissaire défini comme responsable des problèmes vécus. De plus, cette carte identitaire a l’avantage de balayer de la scène les débats cruciaux sur les politiques d’austérité que le gouvernement Legault annonce qu’il reprendra à son compte, à masquer son appui aux politiques propétrolières et son refus de s’attaquer à une quelconque redistribution des richesses en faveur des plus démunis, alors qu’il n’hésite pas à se présenter comme le commis voyageur des multinationales.

Le gouvernement Legault s’appuie et nourrit le recul de l’idéal d’une société pluraliste qui s’est concrétisé par une remise en cause du principe des accommodements raisonnables. Des sondages ont révélé que des deux tiers au trois quarts de la population du Québec s’opposaient aux demandes de traitement spécial au titre de différences culturelles ou religieuses. Certain-e-s ont même théorisé que la société québécoise pécherait par un excès de pluralisme ou ce qu’ils nomment la capitulation au multiculturalisme canadien. Les médias se sont mis de la partie et ont répercuté ce type de discours en exagérant les demandes d’accommodements des groupes ethnoculturels et religieux minoritaires. Une extrême-droite s’est aussi développé en jouant sur l’anxiété face à l’immigration… C’est une véritable anxiété antipluraliste qui se met en place. Elle s’explique par l’accumulation de défaites du mouvement indépendantiste (défaites référendaires), par l’affaiblissement des liens de solidarité provoqué par les reculs de l’État providence sous les coups de la gestion néolibérale qui a renforcé les inégalités entre la majorité eurodescendante et les minorités ethnoculturelles en favorisant les discriminations existantes. Et enfin l’hégémonie socioculturelle de la majorité qui se définit comme un sentiment de supériorité de la majorité de descendance blanche et de tradition judéo-chrétienne est exacerbé par le contexte d’une guerre prolongée visant la recolonisation du monde, et particulièrement du monde arabe. L’islamophobie n’est pas le produit de l’essence d’un peuple quel qu’il soit, mais la forme que prend le racisme dans le contexte international actuel. [3]

L’unité populaire passe par un combat systématique contre le racisme et toutes les discriminations qui en sont l’expression.

L’unité de la majorité de la société québécoise et des minorités ethnoculturelles et religieuses ne se fera pas à coups d’ultimatums. Il est un processus long et complexe. Il implique des redéfinitions identitaires, des expériences communes, des reconnaissances des apports des différentes composantes de la société. Une laïcité inclusive oeuvrant à l’élargissement de la liberté de conscience est une contribution importante à un vivre ensemble pacifié.

Mais il n’est qu’un instrument parmi d’autres. Mais la laïcité identitaire place les vertus et la modernité d’un seul côté. La régression et l’obscurantisme sont attribués à des sous-secteurs entiers de la population. La majorité participe à la fermeture communautaire et à la dévalorisation vécue chez les minoritaires. Cette dévalorisation peut amener les minoritaires à recréer et reconsolider les cultures stigmatisées. C’est à cette réalité que doit s’adresser l’antiracisme politique.

Si nous ne voulons pas favoriser le rehaussement des frontières ethniques au lieu de leur abaissement, il faut éviter les attitudes, les propos, les gestes qui stigmatisent des minorités, qui les jugent non sur leurs pratiques réelles, mais à partir de stéréotypes qui relèvent davantage de la caricature que de la compréhension de la diversité. Ces attitudes ne mettent pas de l’avant la reconnaissance de leurs apports à la société québécoise, reconnaissance essentielle à une unité véritable.

L’intégration dans la société passe d’abord par une intégration socio-économique sur une base égalitaire. Cela signifie une insertion non discriminatoire à l’emploi, le refus de la création de ghettos d’emplois surexploités où les emplois les plus pénibles, les moins rémunérés et les plus précaires sont souvent le lot de travailleuses ou de travailleurs immigrés. Cette intégration socio-économique passe également par le refus de la discrimination à l’embauche qui fait que le taux de chômage est souvent plus considérable chez certaines minorités ethnoculturelles. L’exemple typique est bien celui des femmes noires qui ont le taux de chômage le plus élevé au Québec. L’unité de la majorité populaire passe également par des actes concrets sur les lieux de travail contre les discriminations, les vexations et les injustices qui touchent les plus précaires, qui sont souvent des personnes immigrées. Cela signifie également la reconnaissance des acquis et le refus de la déqualification systématique basée sur la non-reconnaissance des formations acquises dans les pays d’origine. Ce sont là des réponses essentielles aux inégalités multiples et croisées.

L’intégration a aussi une dimension politique. Au Québec et au Canada, cette dimension rend le processus d’unification de la majorité populaire particulièrement complexe et difficile. Depuis la montée du nouveau mouvement indépendantiste, les autorités fédérales ont fait des immigrantEs un enjeu politique. Ils ont fait de leur reconnaissance, un instrument de dénégation de la nation québécoise, un instrument de son affaiblissement, de son isolement. Les réponses apportées par les nationalistes aux divisions entretenues dans la société québécoise par les autorités fédérales ont été diverses, mais surtout défensives engendrant des méfiances réciproques. Au lieu d’être proactifs pour la reconnaissance des droits politiques des personnes immigrantes, les souverainistes sont apparus, plus souvent qu’à leur tour, comme multipliant les obstacles à la reconnaissance de ces droits politiques. Pourquoi ne pas accorder très rapidement, le droit de vote dans les municipalités et les commissions scolaires aux personnes résidentes et cela avant même, l’obtention de la nationalité canadienne ? Pourquoi ne pas exiger que le temps de résidence soit réduit afin de permettre l’obtention du droit de vote, et d’éligibilité à toute une série de postes pour les immigrants ? Si l’on voit dans cette reconnaissance de droits politiques une cause de l’affaiblissement de notre propre émancipation nationale ou sociale, c’est une preuve qu’on a renoncé à gagner la vaste majorité de la société à notre projet national d’indépendance.

Tous les peuples ont dans leurs traditions des acquis qui nous permettent d’élargir la richesse de notre expérience du monde : musique, littérature, architecture, expériences de luttes contre les éléments multiples et diversifiées. La culture que nous nous sommes attelé-e-s à construire doit se baser sur tous ces acquis. Ce que nous sommes aujourd’hui, ce que nous serons demain, est en grande partie liée au processus de métissage culturel que notre ouverture sur le monde nous permet de réaliser. Les valeurs de solidarité, de coopération, de partage, d’égalité sociale et de genre, de démocratie se définissent par leur opposition aux attitudes de cupidité, de thésaurisation et de prédation et d’accaparement de tous les pouvoirs attitudes qui sont le propre des classes exploiteuses des différentes nations. La vaste majorité de la nation québécoise est formée par les classes subalternes. La formation d’une nouvelle identité nationale, son élargissement, passera par un refus clair et précis de laisser définir notre réalité nationale par une oligarchie qui fait ses choux gras de la domination et de la corruption.

Tant que la définition du projet national du Québec restaura aux mains d’un secteur des élites nationalistes, ce projet mettra de l’avant des objectifs qui iront à l’encontre des intérêts de la majorité. Il nous fera miroiter les espérances de partager la tabLa laïcité à la Legault : un pan d’une politique identitaire stigmatisante le des grands dans les sommets économiques ou notre participation dans les clubs select. Il appellera à l’association ou au partenariat avec les oppresseurs de la nation dominante dans des formes dévoyées de la souveraineté nationale. Le secteur nationaliste de la classe dominante du Québec ne pourra jamais unir la nation québécoise, sa majorité populaire autour de la défense de ses intérêts. Car, ce secteur nationaliste se refuse de favoriser l’expression de la souveraineté populaire pour définir un projet de pays. Seules les classes dominées de la société québécoise ont intérêt à unifier l’ensemble des composantes ethniques de cette société en une nation aspirant à son émancipation nationale et sociale. Lorsque cette unité aura été réalisée, on pourra dire alors, fièrement, qu’une page aura été tournée.

[1] À l’émission La joute, dimanche 3 février 2019 »

[2] Émile Poulat, Liberté, laïcité. Laguerre des deux France et le principe de modernité, Paris, Cerf-Cujas, 1987

[3] Voir particulièrement :« Vivre ensemble et dynamique de pouvoir : éléments pour comprendre l’anxiété antipluraliste actuelle des Québécois », Daniel Salée, in « Les conditions du dialogue au Québec, läicité, réciprocité, pluralisme », Québec-Amérique, 2016 ; Bernard Rioux, « Les fondements de la résonance du discours identitaire dans la société québécoise », Presse-toi à gauche 4 octobre 2018 ; Saïd Bouamama, « La nécessaire politisation de l’antiracisme », Presse-toi à gauche, 3 novembre 2015

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René Backmann dénonce la "fausse justice de la Cour suprême israélienne"


Oui parlons de la Cour suprême israélienne avec la Cour suprême israélienne" :



René Backmann dénonce la "fausse justice de la Cour suprême israélienne" 

7 février 2019

Le journaliste René Backmann fait état dans Mediapart des résultats d’une enquête de l’association israélienne des droits humains, B’Tselem qui expose au grand jour la partialité d’une institution souvent présentée comme un gage de la "démocratie" israélienne : sa cour suprême de justice. Ci-dessous quelques extraits de ce rapport.

"Considérée comme l’une des institutions les plus respectables du pays, la Haute Cour d’Israël a en fait pratiqué, depuis des décennies, une justice à deux faces : indulgente avec les colons, intraitable avec les Palestiniens. C’est ce que montre, après une longue enquête, l’organisation israélienne des droits de l’homme B’Tselem dans un rapport rendu public ce mercredi.

Dans leur stratégie d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens, les gouvernements israéliens qui se sont succédé depuis 1967 ont bénéficié d’une aide discrète, mais continue et efficace, d’une institution souvent louée pour son indépendance et sa neutralité.

Dans un document de 45 pages, les juristes de B’Tselem démontrent que loin d’appliquer « la même loi à tous » comme elle le proclame, elle a appliqué aux Palestiniens des territoires occupés des principes qui sont exactement l’inverse de ceux qu’elle réserve aux colons.

Pour les premiers, tout est interdit, sauf ce qui est exceptionnellement toléré. Pour les seconds, tout est permis sauf ce qui est exceptionnellement prohibé, mais souvent tolérable. Discrimination d’autant plus cruelle et inacceptable qu’elle s’applique ici à la propriété de la terre, à la liberté d’y vivre et aux moyens de s’opposer aux confiscations de terrains et aux démolitions de maisons palestiniennes ordonnées en permanence par l’armée israélienne.

Ainsi, il n’existe pas un seul cas d’ordre de démolition d’une structure palestinienne par l’armée israélienne. où la Cour ait fait droit à la demande des requérants palestiniens et sauvé leur maison des bulldozers. Pourtant, entre 1988 et 2017, a constaté B’Tselem, 16 796 ordres de démolition ont été émis.


Entre 1995 et 2017, 16 villages de la zone C seulement, sur les 180 qui avaient soumis leurs demandes de schéma d’urbanisme, ont reçu une réponse favorable. L’espace concerné représentait moins de 1 % de la superficie de la zone. En 2018, sur les 102 plans soumis à l’Administration civile, seuls 5, représentant 0,03 % de la superficie de la zone ont été approuvés. Il en va de même, au niveau individuel, pour les permis de construire. Entre 2000 et 2016, 5 475 demandes de permis de construire ont été déposées par des Palestiniens de Cisjordanie. Seules 226 (4 %) ont été acceptées.

Quant à « l’ordre militaire 1 539 » de 2003, il permet à l’armée d’instaurer des « zones confinées » dans lesquelles toute construction peut être retirée dans un délai d’une semaine. Destiné à l’origine à lutter contre l’aménagement de colonies « sauvages » par les organisations de colons, cet ordre n’a en fait jamais été utilisé contre les colons. La première fois que ses dispositions ont été invoquées, en 2017, c’était contre trois communautés villageoises palestiniennes, deux dans la stratégique vallée du Jourdain et une près de la colonie géante de Ma’ale Adumim, dont les habitants avaient huit jours pour évacuer leurs maisons. Les villageois ont saisi la Cour suprême, où les dossiers sont toujours en attente.

(...) L’État déploie des efforts considérables pour faciliter les constructions dans les colonies, il en prend l’initiative, les valide, les planifie et les finance. Il offre un large éventail d’incitations et de primes pour encourager les citoyens à s’installer dans les colonies. »

Face à cette situation d’illégalité et d’inégalité, la Cour suprême, selon les auteurs du rapport, manque à ses devoirs en évacuant systématiquement, dans ses délibérations comme dans ses arrêts, toutes les questions de principe, pour s’en tenir à des questions réglementaires de politique d’urbanisme, « acceptant a priori que cette politique est légitime et pertinente ». « Dans aucun des dossiers qui leur ont été soumis, note le rapport, les juges n’ont mis en question la simple présentation par l’État d’une terre comme “terre d’État” ou “zone d’entraînement militaire”. Dans chaque dossier, la Cour a accepté d’emblée la position de l’État selon laquelle une construction palestinienne en ce lieu est illégale et doit être démolie. »

L’un des nombreux dossiers étudiés par le rapport concerne le village d’Al-Aqabah, au nord de la vallée du Jourdain, dont la majorité des terres agricoles et une partie des maisons ont été déclarées « zone militaire fermée » en 1967 pour qu’il puisse être utilisé comme terrain d’entraînement au tir réel ainsi qu’aux manœuvres des hélicoptères de combat et des chars d’assaut.


En 1999, alors que six habitants avaient été tués par des balles « perdues » ou des munitions non explosées et 38 autres blessés, les résidents d’Al-Aqabah, aidés par l’ONG Acri (Association for civil rights in Israël), ont décidé de saisir la Cour suprême pour se plaindre de cette situation en invoquant notamment le fait qu’aucun impératif militaire ne pouvait la justifier. Après avoir d’abord suggéré qu’une solution alternative soit trouvée pour le champ de tir – ce que l’État a refusé –, les trois juges saisis du dossier, invoquant la « dégradation de la situation sécuritaire » dans le pays (la deuxième intifada venait d’éclater), ont rejeté la requête des villageois.

Quant à « l’ordre militaire 1 539 » de 2003, il permet à l’armée d’instaurer, en Palestine occupée, des « zones confinées » dans lesquelles toute construction peut être retirée dans un délai d’une semaine. (...)

Le résultat de cette attitude de la Cour, comme le constatent les auteurs du document, est de maintenir la vie des Palestiniens à l’arrêt, dans les limbes interminables de l’incertitude, tout en instaurant un environnement coercitif. Rien, en d’autres termes, ne peut servir mieux la stratégie du fait accompli et du statu quo adoptée par Benjamin Netanyahou. "

www.mediapart.fr/journal/international/060219/israel-la-fausse-justice-de-la-cour-supreme?utm_source=20190206&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83- [QUOTIDIENNE]-20190206&M_BT=231638467978

CAPJPO-EuroPalestine

 

jeudi 14 février 2019

Arrêter l'annulation de l'ensemble de 18.000 dossiers d'immigration pour le Québec.


J’ai signé et vous ?



Arrêter l'annulation de l'ensemble de 18.000 dossiers d'immigration pour le Québec. 

Karen C. a lancé une pétition à destination de Assemblée Nationale du Québec

Le ministre de l'immigration Simon Jolin-Barrette a proposée le projet de Loi N.9 qui va mettre fin à toute demande présentée au Ministère d'immigration dans le cadre du programme régulier des travailleurs qualifiés avant le 2 août 2018 et pour laquelle il n’a pas encore pris de décision de sélection, de refus ou de rejet au moment de la présentation du présent projet de loi.



Ce projet de loi, affecte plus de 50.000 personnes qui ont investi pendant plus de trois ans sans aucune réponse de la part du ministère, du temps, des rêves et de l'argent dans le projet d'immigrer à la province du Québec.



Nous cherchons que le ministère révise ces dossiers, parce que la plupart de nous avons les conditions nécessaires pour être part de la société québécoise. Dans plusieurs dossiers vous trouvères des personnes qui ont présenté les examens de langue française qui démontre leur niveau de langue, aussi il existe de nombreux professionnels qui ont les titres et compétences pour les carrières qui sont maintenant disponibles sur la liste de formations en demande du 2018. Nous avons mis nos projets en pause en attendant une réponse et ce n'est pas juste, que le ministère n'aie pas la considération, ni le respect pour nous et prise le temps de vérifier nos dossiers, ces 18.000 dossiers ne sont pas seulement des chiffres, ils sont des familles et des personnes qui ont déposé sa confiance au Québec.

POUR SIGNER CETTE PÉTITION :

Les entreprises de tourisme en ligne doivent se retirer des colonies israéliennes illégales en Palestine occupée


J’ai signé et vous ?



Les entreprises de tourisme en ligne doivent se retirer des colonies israéliennes illégales en Palestine occupée 

L’INDUSTRIE DU TOURISME DANS LES COLONIES

Les colonies de peuplement israéliennes sont soutenues par une série d’activités économiques qui contribuent, du même coup, au maintien d’une situation illégale et soutiennent une approche intrinsèquement discriminatoire et abusive qui viole systématiquement les droits de l’homme de la population palestinienne.

Cette situation n’empêche pas les plus grandes entreprises de tourisme d’y prendre part. Airbnb, Inc. (Airbnb), Booking.com B.V. (Booking.com), Expedia Group, Inc. (Expedia) et TripAdvisor, Inc. (TripAdvisor) proposent à leurs clients un choix sans précédent de lieux où séjourner et d’attractions touristiques pratiquement partout dans le monde. Ces entreprises proposent notamment à leurs clients des séjours dans les colonies de peuplement israéliennes dans les territoires palestiniens occupés (TPO) et ce, alors qu’elles savent que l’occupation israélienne en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, est régie par le droit international humanitaire, au titre duquel ces colonies israéliennes sont considérées comme illégales.

« J’ai suivi la formation au maniement des armes antiterroristes. Ça a été la meilleure expérience de mon séjour en Israël ! » Avis laissé sur TripAdvisor à propos d’un stand de tir situé dans une colonie israélienne illégale

Ces entreprises bénéficient largement de l’exploitation de terres et d’autres ressources naturelles palestiniennes saisies illégalement. L’existence des colonies paralyse l’économie palestinienne. Ainsi, en faisant la promotion d’activités touristiques dans les colonies, ces entreprises contribuent à ces violations des droits humains.

LES ENTREPRISES DOIVENT RESPECTER LE DIH

Les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme prévoient très clairement que les entreprises ont la responsabilité de respecter le droit international humanitaire. Ils prévoient aussi que les entreprises ont la responsabilité de respecter tous les droits humains reconnus de façon internationale, où qu’elles opèrent dans le monde. La responsabilité de respecter les droits humains exige que les entreprises « évitent d’avoir des incidences négatives sur les droits de l’homme ou d’y contribuer par leurs propres activités, et qu’elles remédient à ces incidences lorsqu’elles se produisent » : si une entreprise constate qu’elle cause des atteintes aux droits humains ou y contribue, et qu’elle ne peut pas l’empêcher, la seule solution consiste pour elle à ne pas mener l’activité en question.

Afin de respecter leurs responsabilités quant au respect du droit international humanitaire et des droits humains, Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor doivent cesser de proposer des hébergements, des activités et des attractions touristiques situés dans les colonies ou gérés par des colons dans les TPO, y compris à Jérusalem-Est.

TRIPADVISOR DANS LES COLONIES ISRAÉLIENNES ILLÉGALES

TripAdvisor est le site web de tourisme le plus visité par les visiteurs et visiteuses étrangers se rendant en Israël. La compagnie assure la promotion de plus d’annonces (au moins 70) dans plus de colonies (27) que toute autre société du numérique spécialisée dans le tourisme - à l’exception d’Airbnb, qui s’est engagée en novembre 2018 à retirer la plupart de ses annonces se trouvant dans des colonies.

Ce faisant, TripAdvisor dope l’économie des colonies et contribue à leur expansion. Le fait de faire la promotion de colonies comme s’il s’agissait de destinations touristiques tend à « normaliser » et à légitimer la colonisation aux yeux du grand public. Les colonies sont illégales au regard du droit international, et leur création constitue un crime de guerre. Les colonies se trouvent sur des terres palestiniennes qui ont été volées. Ce ne sont pas des destinations touristiques.

Signez notre pétition : demandez à Stephen Kaufer, P.-D.G. de TripAdvisor Inc., de cesser de répertorier ou de promouvoir sur son site des propriétés, des activités et des attractions qui se trouvent dans des colonies israéliennes illégales ou qui sont gérées par des colons dans les territoires palestiniens occupés.

 

mercredi 13 février 2019

C'était jour de réflexion à Québec solidaire.

Voir les photos suite à l’article.

J'y étais.


C'était jour de réflexion à Québec solidaire. 

Par Sergio de Rosemont

Ce samedi 9 février 2019, les militantEs de Québec solidaire avaient rendez-vous à Trois-Rivières pour réfléchir et parlerde laïcité.

N'oublions pas que le gouvernement de la CAQ déposera un projet de loi sur les questions relatives à la laïcité.

À Montréal les membres de Qs des circonscriptions de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Gouin, Rosemont et Mercier s'étaient donné rendez-vous au centre St-Pierre afin de participer à cette journée par l'intermédiaire d'internet.

Nous avions l'occasion en matinée 9h30 à 12h30 de suivre en direct la matinée organisée par le Comité Coordination National à Trois-Rivières, discuter et inscrire nos impressions.

Après une pause repas, en après-midi, à 13h30, des ateliers étaient organisés pour aborder le sujet de la laïcité de la meilleure façon qu'il soit.

Personnellement j'y étais avec la délégation de Qs-Rosemont.

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VOICI LES PHOTOS :

P.S: Vu que pour l'instant je met mes photos sur Facebook et vu que Facebook aime bien à l'occasion changer l'adresse URL des photos, en cas où qu'un tel changement surviendrait à mes photos voici l'adresse de mon article en version Facebook : www.facebook.com/serge.rosemont.7/media_set?set=a.362389954490
 

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À Montréal les membres de Qs des circonscriptions de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Gouin, Rosemont et Mercier s'étaient donné rendez-vous au centre St-Pierre.


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Nous pouvions suivre ce qui se déroulait à Trois-Rivières.


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Charles Taylor au micro.


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Mon ami Maxime Vinet Béland que je tiens à félicité pour son excellent travail comme coordonnateur dans Rosemont.

Ce que j'aime de Maxime c'est qu'il y met tout son coeur.


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Une photo souvenir avec Haroun Bouazi qui fait un magnifique travail dans le dossier de la laïcité.

Réforme du mode de scrutin, réponse aux partisans du statu quo


Je vous invite à lire cette lettre :



Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «La vérité est qu’aucune loi et aucune disposition constitutionnelle ne donne à un parti un droit de vie ou de mort sur la réforme du mode de scrutin ou sur d’autres changements majeurs», jugent les auteurs.

Réforme du mode de scrutin, réponse aux partisans du statu quo 

Jean-Pierre Charbonneau, Françoise David, Alain Marois, Audrey Paquet, Luc Bordeleau, Jean-Sébastien Dufresne

Mouvement démocratie nouvelle

13 février 2019

Opposés au changement du mode de scrutin actuel, Christian Dufour et Louis Sormany ont repris leurs attaques (Le Devoir, 8 février 2019) contre les partisans du changement en clouant au pilori le Mouvement Démocratie Nouvelle et son nouveau président, Jean-Pierre Charbonneau, l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui militent pour le respect de l’engagement électoral pris par six des sept partis importants ayant participé à la dernière campagne électorale.

Selon ces deux zélotes du statu quo, le MDN et son président n’ont aucune légitimité pour représenter la population ! Or, le MDN n’a jamais eu cette prétention. Fondée il y a 20 ans, cette organisation issue de l’engagement citoyen responsable rassemble aujourd’hui près de 30 000 sympathisant-e-s ainsi que plusieurs grandes organisations populaires et syndicales qui regroupent des dizaines de milliers de personnes. Ce mouvement est né à la suite de l’élection de 1998 qui se solda pour la cinquième fois de notre histoire par un renversement de la volonté populaire en portant au pouvoir le parti arrivé deuxième dans la compétition.

Que doit-on au MDN ? Beaucoup ! D’abord la relance et le positionnement à l’avant-plan d’un questionnement amorcé en 1900 sur les injustices et les distorsions dans la représentation parlementaire engendrées par le vieux mode de scrutin britannique. Le MDN a relancé le combat pour le changement que René Lévesque n’avait pas réussi à mener à terme. Grâce à son activisme, la population du Québec a connu deux grandes consultations publiques sur le sujet dans le cadre d’états généraux sur la réforme des institutions démocratiques, puis d’un avant-projet de loi, lequel a même fait l’objet d’un avis positif du Directeur général des élections. Le MDN a aussi amené un premier engagement électoral unanime des partis en 2003. Après le renoncement de Jean Charest à honorer sa promesse, c’est le MDN qui a maintenu en vie la discussion publique « pour que chaque voix compte », puis relancé les partis politiques, ce qui a conduit à un nouvel engagement électoral l’an dernier. S’appuyant cette fois sur une entente écrite entre la Coalition avenir Québec, le Parti québécois, Québec solidaire et le Parti vert, on promettait non seulement le remplacement du mode de scrutin actuel, mais aussi la mise en oeuvre d’un modèle précis pour la prochaine élection générale. Depuis l’automne dernier, ces partis et le MDN s’activent pour la présentation d’un projet de loi qui fera nécessairement l’objet d’une troisième consultation publique en moins de 20 ans !

Donc, quand messieurs Dufour et Sormany affirment qu’il n’y a pas eu de débat politique ouvert et qu’aucune implication citoyenne n’est prévue, ils zappent tout ce qui a été fait et dit publiquement depuis 1999 ainsi que l’inévitable discussion publique qui se fera après le dépôt du projet de loi promis pour cette année.

Ces partisans avoués du statu quo affirment par ailleurs que les modalités du modèle proposé, un scrutin proportionnel mixte, compensatoire avec listes régionales, restent floues. Ils ont raison… pour le moment. En réalité, c’est sur ces questions que portent les consultations préliminaires du gouvernement Legault avec les autres partis et avec plusieurs groupes importants de la société, dont le MDN. L’objectif est d’en arriver à une proposition qui maintiendra et consolidera l’accord initial et inspirera confiance aux gens qui ne sont pas des experts des systèmes électoraux. Si cette étape cruciale est franchie avec succès, le Québec s’engagera alors vers une adoption très majoritaire à l’Assemblée nationale.

À cet égard, une fois de plus, messieurs Dufour et Sormany ont tout faux quand ils affirment que l’opposition officielle libérale doit obligatoirement donner son aval. La vérité est qu’aucune loi et aucune disposition constitutionnelle ne donne à un parti un droit de vie ou de mort sur la réforme du mode de scrutin ou sur d’autres changements majeurs, comme l’octroi du droit de vote des femmes en 1940 alors que l’Union nationale, l’opposition officielle d’alors, s’y opposait !

 

mardi 12 février 2019

Le masque démocratique tombe


Parlons du libéralisme économique avec Francis Lagacé


Le masque démocratique tombe 

10 février 2019



Pendant les Trente Glorieuses, le libéralisme économique a eu besoin du prétexte démocratique afin de détourner la main d'œuvre des projets socialistes, surtout après la contribution importante du monde communiste à la victoire contre l'Axe. L'invention de la social-démocratie alloua ce qu'il faut de corde pour créer une entente entre les « partenaires sociaux », ce qui permit au capitalisme de continuer à se développer sans trop agiter le mécontentement, les suites des réformes keynésiennes aidant.



Mais, comme l'a déjà dit un ministre du gouvernement québécois, la démocratie, vous savez, c'est compliqué, il faut discuter, écouter, prendre des décisions ensemble, ça ne va pas assez vite. L'oligarchie ploutocratique, qui se partageait déjà le monde et son bassin de consommatrices-consommateurs séduits par la liberté de choix dans les étalages, voulut asservir plus vite, plus fort et plus complètement les différentes ressources de la planète : mines d'abord, mais aussi forêts, faunes terrestre, marine et humaine, qui doivent faire tourner la machine en travaillant toujours plus pour consommer toujours plus. L'évangile était déjà écrit : « Travaille, consomme, tais-toi ! »



On testa donc dans un laboratoire sélectionné, le Chili qu'on donna à Pinochet, les règles d'airain qui devraient désormais gouverner l'économie. On fut très satisfait du résultat même si cela avait l'heur de déplaire à des opposants pour qui la démocratie n'était pas encore une vieillerie inutile. En Grande-Bretagne sous Thatcher, puis aux États-Unis sous Reagan, on goûta avec délectation aux joies de la déréglementation pour les riches et de la contrainte pour les « ressources » humaines.



Même la France dite socialiste se convertit au milieu des années 80 au libéralisme si prometteur. Depuis, la confusion règne chez les électrices-électeurs de France et de Navarre, qui avaient cru élire la gauche avec le Parti socialiste. On en conclut que droite et gauche sont semblables puisqu'elles appliquent la même politique. Le problème est que, tout simplement, la droite économique (Parti socialiste) a succédé à la droite économique (les Républicains) finalement remplacée par une droite économique encore plus féroce (En Marche... arrière préciserons-nous).



Quand le mur de Berlin tomba et qu'il entraîna dans sa chute les régimes du Bloc de l'Est, sous prétexte de fin des idéologies (qui était en fait le triomphe des oppressions idéologiques, religieuse dans les pays soumis, néolibérale dans les pays impérialistes), on renforça les contraintes pour les demandeurs de travail et la liberté pour les propriétaires des moyens de production. Liberté de circulation pour les biens et le capital financier, restriction pour les personnes humaines.



Le masque démocratique est devenu de moins en moins nécessaire et les tactiques dictatoriales se firent de plus en plus courantes dans les démocraties dites libérales en les présentant sous des formes attrayantes comme le « nouveau management public », la « qualité totale », la « réingénierie », la « bonne gouvernance ». La gouvernance (comme l'explique bien Alain Deneault dans son livre Gouvernance, le management totalitaire) est un piège qui consiste à faire valider par des élections un système de gestion anti-démocratique où les ploutocrates se cooptent et veillent à faire approuver par des politiques intéressés des règles qui les favorisent. C'est la base du fonctionnement des Commission européenne et autres Organisation mondiale du commerce. On impose alors cette gouvernance aux organismes publics et aux pays que l'on pille sans vergogne. Les mouvements ouvriers, pris dans le piège de la concertation, deviennent alors les spectateurs impuissants du raccourcissement de leurs chaînes.



Un texte comme celui paru dans le Devoir du jeudi 7 février 2019 (La démocratie n'est plus ce qu'elle était) fait partie des invocations hégémoniques (sans doute inconsciente chez l'auteur) pour vanter notre « bonne démocratie » contre les démocratures des pays autoritaires, comme si nous ne partagions pas avec ces pays les mêmes visées dominatrices sur les ressources naturelles des autres (notamment de l'Afrique et de l'Amérique du Sud), comme si le pouvoir des oligarques et des ploutocrates n'était pas déterminant sur les actions gouvernementales. On oppose des régimes plus autoritaires que les nôtres pour nous proposer de chérir nos démocraties unijambistes telles qu'elles sont, prétexte à ne pas vouloir les améliorer cherchant consolation dans le fait qu'ailleurs la discussion n'est pas permise, alors qu'ici elle est libre. On oublie de dire qu'elle est surtout encadrée.



Justin Trudeau est un bon exemple de la duplicité dictatoriale hégémonique dans notre Occident libéral. Il a été empêché de se rendre aux funérailles de Fidel Castro, qui fut pourtant un ami de son propre père, sous prétexte que c'était un « dictateur », mais il n'a pas été le moins du monde gêné pour aller faire des courbettes au roi d'Arabie Saoudite, lequel achète les armes canadiennes pour opprimer le Yémen.



Le Québec n'y a pas échappé en 2012 quand nous avons vécu un véritable épisode orwellien, où pour protéger l'ordre capitaliste consumériste libéral, le gouvernement était prêt à sacrifier toutes les libertés les plus fondamentales comme celles de se réunir et de manifester. Il n'est pas dit que pareil épisode ne se répètera pas.



Il n'y pas vraiment de différence entre Donald Trump et Emmanuel Macron, qui ne feront rien contre les pratiques inhumaines de la Chine mais sont prêts à reconnaître un président autoproclamé au Vénézuela. Trump a été élu avec moins de voix que son adversaire au milieu d'un abstentionnisme important. Macron n'a fait que 18 % au premier tour, mais se retrouvant devant une adversaire que même un manche à balai aurait vaincue, il accomplit le tour de force de lui permettre de réunir 34 % des voix, du jamais-vu dans la Ve République. Et tout ça, avec une abstention record. C'est dire leur peu d'appui réel dans la population.



Il n'y a pas non plus beaucoup de différence entre Poutine, Trump et Macron qui, tous trois, se voient comme des Messies de la bonne parole (religion nationale pour le premier, religion économique pour les deux autres). Les trois sont des partisans de la manière forte d'imposer la volonté hégémonique capitaliste. Ils ne sont juste pas dans le même camp. Cacher sa dictature plus ou moins soft dans laquelle les entreprises peuvent poursuivre l'État, mais pas l'inverse et dans laquelle les citoyens sont considérés comme quantité négligeable, sous celle (présumée ou réelle) des autres ne la rend pas moins détestable.



D'ailleurs une annonce récente montre à quel point les deux candidats libéraux « anti-système » sont les meilleurs vendeurs du système aux mamelles duquel ils tètent goûlument. Ils veulent créer un « Nouvel Ordre mondial », un Brave New World en somme. Les deux considèrent la démocratie comme un jeu, littéralement, auquel si on gagne, on rafle tout. Il s'agit d'une pensée procédurale qui évacue tout le contenu de la démocratie pour le remplacer uniquement par une mécanique qui permet de s'approprier le pouvoir en suivant les règles d'accession tout en en renvoyant l'esprit dans les limbes.



Macron a d'ailleurs osé déclarer lors de ses vœux du nouvel an que le peuple n'était souverain que dans le geste de voter une fois tous les cinq ans. Il confond légitimité et résultat électoral. Mais le peuple a compris que le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », ça veut dire qu'on peut retirer son appui à tout moment, sinon ce n'est pas de la démocratie, mais de la dictature électorale. C'est ce qui explique la contradiction radicale, fondamentale et irréconciliable entre les Gilets Jaunes et le pouvoir, qui cherche à se maintenir par la force et la répression puisqu'il estime avoir « gagné le jeu » et est absolument incapable de comprendre qu'on en est plus aux questions procédurales. Dans l'intelligence citoyenne, la force des arguments l'emporte ; chez les brutes, c'est l'argument de la force.



C'est ainsi que les gouvernements libéraux sont de plus en plus répressifs et que les initiatives citoyennes courent toujours le risque d'être récupérées, car le pouvoir souffre de cette irrémédiable obstination à vouloir se maintenir à tout prix. De là, l'arsenal et la force militaro-policière qui entoure les rencontres du G7 (et ses divers avatars). Répression d'autant plus nécessaire et serrée à mesure que les travailleuses et travailleurs sont mis en concurrence avec les robots, lesquels servent désormais de modèles au comportement attendu du subordonné : rapidité, flexibilité, pensée procédurale, substituabilité, silence, absence de contestation.



Si des mouvements comme celui des Gilets Jaunes émergent, il faut rendre grâce à l'intelligence du peuple qui, d'abord atteint dans sa vie privée, se rend compte que c'est un déficit de justice sociale qui est à l'origine du malaise. Le grand malheur, c'est que l'apparence de démocratie n'étant même plus nécessaire, juste le nom suffit, le gouvernement français se permet de voter une loi attentatoire au droit fondamental de manifester en l'appelant  Loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs. Et c'est sans compter toutes les autres qui se préparent, là et ailleurs dans le monde. Que la patrie des Droits de l'Homme soit redevenue celle des bons petits bourgeois qui scandent « Travail, Famille, Patrie ! » au mépris de la majorité citoyenne devrait effrayer toutes les personnes qui militent pour les droits humains, mais ne comptez pas sur la presse hégémonique pour en parler, elle qui ne fait jamais seulement allusion à ceux-là qui tirent les ficelles de nos marionnettes libérales.

Francis Lagacé

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Protection des lanceurs d'alerte - Vincent Marissal obtient un engagement de la CAQ


Bravo Vincent


Protection des lanceurs d'alerte - Vincent Marissal obtient un engagement de la CAQ 

07 février 2019

Dans la foulée du cafouillage du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, quant au congédiement du lanceur d’alerte Louis Robert, le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal, a obtenu l’engagement de la CAQ de corriger la loi pour garantir la protection des lanceurs d’alerte. En effet, une motion présentée par M. Marissal à cet effet a fait consensus à l’Assemblée nationale.

« L’affaire Louis Robert doit faire école. Le gouvernement ne peut plus se cacher derrière une loi qui, dans les derniers jours, s’est montrée incapable de protéger M. Robert des représailles dont il a été victime. Nous ne tournerons pas la page tant et aussi longtemps que la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics protège réellement les lanceurs d’alerte comme M. Robert », a martelé Vincent Marissal. « La CAQ s’est engagée à corriger la loi: au lieu de répéter l’erreur des libéraux, je l’invite à prêter l’oreille aux recommandations de Québec solidaire. »

Voici la motion sans préavis présentée par M. Marissal:
 
« Que l’Assemblée nationale s’engage à corriger la loi afin de réellement protéger les lanceurs d’alerte, notamment en y incluant des dispositions interdisant toutes formes de représailles à l’encontre des dénonciateurs. »

 

vendredi 8 février 2019

La compagnie ferroviaire espagnole CAF rejette toute construction d’un tram israélien à Jérusalem Est


Bonne nouvelle :



La compagnie ferroviaire espagnole CAF rejette toute construction d’un tram israélien à Jérusalem Est 

3 février 2019

La grande compagnie ferroviaire espagnole CAF a annoncé vendredi son refus de répondre à un appel d’offres israélien pour la construction d’une ligne de tramway à Jérusalem Est, qui viole le droit international.

Plusieurs autres compagnies internationales ont décliné toute participation dans ce projet, de peur d’en subir les conséquences négatives sur leur image et leurs contrats, comme cela avait été la cas pour Veolia qui avait fini par jeter l’éponge concernant l’exploitation d’un tramway raciste et illégal.

Ils savent que ce tramway va traverser des terres palestiniennes illégalement annexées en 1967, et franchir la "ligne verte" seule frontière reconnue internationalement, pour rejoindre des colonies illégales.

Donc le contrat de 1, 3 milliard d’euros n’a pas trouvé preneur pour le moment.

"L’Assemblée Générale des Nations Unies et la Cour Internationale de Justice, ont pris plusieurs résolutions condamnant l’occupation de Jérusalem Est", a souligné la CAF dans un communiqué.

CAPJPO-EuroPalestine

 

Pétition : Lutte contre l'obsolescence programmée


À signer et à faire circuler



Pétition :
Lutte contre l'obsolescence programmée



Texte de la pétition

CONSIDÉRANT QUE l’obsolescence programmée est une pratique malveillante visant à réduire sciemment la durée de vie de certains produits pour en accélérer le cycle de remplacement au profit des fabricants et manufacturiers;

CONSIDÉRANT QUE cette pratique bafoue le droit des consommateurs à une information fiable sur les produits achetés;

CONSIDÉRANT QUE cette pratique brime le droit à la durabilité et à la qualité des biens ainsi qu’au droit à la réparation des produits dans un contexte concurrentiel favorisant le libre marché;

CONSIDÉRANT QUE l’obsolescence programmée diminue le pouvoir d’achat réel des consommateurs et entraîne un gaspillage de ressources rares, non renouvelables et polluantes;

CONSIDÉRANT QUE la législation québécoise actuelle visant à lutter contre l’obsolescence programmée est inadéquate, voire absente, et que l’imposition d’un cadre législatif complet et dissuasif s’impose;

CONSIDÉRANT QUE de nombreuses démarches citoyennes similaires en Amérique du Nord et en Europe se sont révélées fructueuses;

Nous, soussignés, demandons que le gouvernement du Québec mette de l’avant, par l’entremise de la Loi sur la protection du consommateur et/ou de toute autre législation nécessaire, des mesures d’ordre public pour combattre l’obsolescence programmée. De plus, nous exigeons que des sanctions significatives soient mises en place pour tous commerçants ne respectant pas ses nouvelles obligations, qu’il s’agisse d’entreprises québécoises ou étrangères, pour tous produits pouvant être légalement acquis dans la province de Québec, que ce soit par l’entremise de commerces physiques ou tout moyen technologique.

Date limite pour signer : 10 mars 2019