Un poème sur une certaine réalité

Son seul crime
Par Sergio de Rosemont
Son seul crime c’est être trop sensible.
Après une enfance volée, brisée et détruite…
Après une jeunesse assaisonnée de violence.
Après une adolescence où son pain quotidien était ce mépris qu’on lui servait…
Cette adolescence où souvent la sortie des classes équivalait à devoir affronter et à se défendre d’autres étudiants qui le méprisaient à cause de sa différence.
Une jeunesse où il servait de défouloir à ceux qui auraient dû le défendre, le protéger.
Après une vie passée à subir les trahisons, les coups de dague dans le dos de ceux qu’il croyait être ses amis.
Lorsqu’à quelques reprises, on ne lui reconnaissait même pas le droit à aimer.
Quand, dans son existence, dans sa vie, ou devrais-je dire dans sa survie, il a vu plusieurs injustices et pas seulement contre lui.
Aujourd’hui sa forte sensibilité fait en sorte que, pour cette personne, le moindre mépris, rejet ou la plus petite injustice est ressenti comme des tsunamis à répétition.
Ainsi, il y a 2 possibilités qui peuvent survenir.
Soit que ces tsunamis émotionnels et existentiels peuvent le mener vers le désespoir et l’itinérance et tout ce qui s’en suit, peut-être même l’autodestruction.
L’autre possibilité :
À un moment donné, il décide que c’en est trop et il se défend et se bat pour changer ce destin.
On en devient comme un loup.
Un agneau devenu un loup !
Et rien n’est plus dangereux qu’un agneau devenu un loup, car à force de se faire mordre, il a appris où mordre pour que ça soit très douloureux ou mortel.
Et il peut même en devenir comme un loup pouvant mordre pour défendre et protéger les victimes de cette si merveilleuse société.
Oui il ressent quand même de la colère, cette colère qui ronge ses entrailles.
Il accepte sa colère pour en faire du positif.
Son seul crime, être trop sensible face à cette si merveilleuse société !
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