Voici une réflexion que nous partageons avec vous, mais nous aimerions qu’il en soit de même avec Paul St-Pierre Plamondon, notre nouveau premier ministre du Québec

Si Paul St-Pierre Plamondon est sérieux
Par Luc Bordeleau et Serge Leclerc (alias Sergio de Rosemont)
2 anciens membres du CA du Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN).
Voici une réflexion que nous partageons avec vous, mais nous aimerions qu’il en soit de même avec Paul St-Pierre Plamondon, notre nouveau premier ministre du Québec. S’il est sérieux, concernant l’établissement d’un nouveau mode de scrutin avec une composante proportionnelle, voici ce que nous apprécierions qu’il fasse afin de le prouver. Au départ, nous donnons la chance au coureur et supposons qu’il était sincère lors de la campagne et des débats télévisés, devant la population québécoise.
Premièrement, vu sa situation de gouvernement minoritaire, il lui faudrait se mettre en action au plus tôt, s’il désire réellement instaurer ce nouveau mode de scrutin. Plusieurs diront que ce statut minoritaire pourrait lui rendre la tâche presque impossible. En revanche, il y a une carte que Paul St-Pierre Plamondon pourrait utiliser et c’est celle d’une démarche transpartisane.
Il y a deux des partis de l’opposition qui militent également pour la même cause, soit Québec solidaire ainsi que le Parti Conservateur du Québec. Pour ce faire, Paul St-Pierre Plamondon, devrait mandater sa ministre responsable des Institutions démocratiques, Camille Pellerin-Forget, à négocier avec eux la création d’une "Commission spéciale" transpartisane comme ce fut le cas avec celle qui a précédé la loi "Mourir dans la dignité". Et pourquoi pas, y inviter aussi le Parti libéral du Québec, dont des indices récents laissent croire que sa position pourrait changer.
Pourquoi créer une Commission spéciale ?
1- Parce qu’avec un gouvernement minoritaire, les risques d’échec sont assez grands, alors qu’avec cette Commission spéciale, peu importe comment on l’appellerait, appuyé par au moins deux des partis de l’opposition, il aurait le support politique requis pour faire adopter un tel projet par l’Assemblée nationale.
2- Parce qu’une Commission spéciale, avec plus d’un parti représenté et des consultations larges auprès de la population, ferait en sorte que cela ajouterait à la légitimité de la démarche, qui serait le préalable à une loi reflétant mieux la volonté populaire et non celle d’un seul gouvernement minoritaire. Car, en additionnant les votes obtenus par ces trois partis, PQ, QS et le PCQ, on obtient un pourcentage dépassant 60% des votes, alors que le PQ seul, n’a obtenu qu’un faible 28 % des votes valides, ce qui ne représente que 18 % des électeurs inscrits, donc de18 % de la population ayant le droit de vote.
De plus, l’instauration de ce mode de scrutin avec composante proportionnelle, en plus de permettre une plus grande équité et un plus grand respect du choix des électrices et électeurs, deviendrait comme une police d’assurance pour les partis politiques, incluant le PQ. Si on se rappelle bien, François Legault et la CAQ étaient l’un des signataires de l’entente de 2018 sur la réforme du mode de scrutin, dans le cadre de la démarche déjà transpartisane, coordonnée par le Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN). Son gouvernement, élu pour la 1ère fois la même année, a même déposé un an plus tard, un projet de loi en ce sens prévoyant l’implantation d’un mode scrutin proportionnel mixte compensatoire pour le Québec. Ce projet était loin d’être parfait, mais représentait un pas dans la bonne direction. Pourtant, après avoir été réélu avec un gouvernement majoritaire en 2022, il a renié sa parole et laissé mourir le projet de loi au feuilleton.
Quatre années plus tard, sûrement que Paul St-Pierre Plamondon se rappelle ce qui est advenu de la CAQ ce 5 octobre 2026. Et oui, la CAQ qui sortait d’un gouvernement majoritaire, a été balayé de la carte électorale en obtenant 0 député, même avec plus de 500 000 votes et 13% des suffrages exprimés. Alors que, si les élections du 5 octobre 2026 s’étaient déroulées en mode de scrutin avec une composante proportionnelle, elle aurait au moins obtenu quelques députés, une dizaine sans doute, facilitant d’autant sa survie, à court terme.
Paul St-Pierre Plamondon devrait réfléchir et saisir que ce qui est arrivé à la CAQ, pourrait arriver à n’importe quel parti et même au Parti Québécois. Il suffirait que le PQ qui est présentement au pouvoir, en situation fragile à cause de son statut minoritaire, arrive en élection avec une insatisfaction trop forte de la part des électrices et électeurs du Québec, pour qu’il subisse le même sort.
De plus, si Paul St-Pierre Plamondon était le premier ministre qui menait à terme cette réforme historique, son nom serait inscrit dans le "Livre de l’Histoire du Québec" comme étant celui qui aura réalisé un des rêves les plus chers au cœur de René Lévesque. Tout un titre de gloire et une garantie de demeurer dans la mémoire collective!
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