mardi 3 août 2021

L’édition responsable

 

Francis nous parle d’édition

L’édition responsable 

30 juillet 2021

(Dans ce texte, j’emploierai alternativement éditeur puis éditrice, auteur puis auteure afin de varier le genre sans devoir répéter les deux mots chaque fois.)

Il m’est arrivé un jour de croiser un éditeur qui prétendait que le fait d’être publié était un privilège accordé par lui à l’auteur.

Une telle prétention est absurde. En effet, un contrat d’édition est un accord négocié entre l’auteure et l’éditrice. Même si dans la pratique les relations sont souvent inégales, un contrat, par principe, vise à être mutuellement avantageux.

Par ce contrat, c’est l’auteur qui donne l’autorisation à l’éditeur de publier et de diffuser son œuvre. En échange de cette licence, l’éditrice doit, entre autres, verser des droits établis en pourcentage (en général autour de 10 %) des ventes réalisées.

Cette licence ne peut porter que sur des supports identifiés (papier, cd, pdf, photo, films, pièces de théâtre) et ne doit pas s’ouvrir à toute forme à venir, car on ne sait pas les conséquences qu’une telle ouverture pourrait avoir sur le contrôle que l’auteure doit pouvoir exercer sur l’évolution de son œuvre.

L’éditeur se doit de respecter les droits moraux de l’auteur et ne peut pas faire ce qu’il veut de l’œuvre en question. Un exemple de non-respect des droits moraux serait de réaliser des produits dérivés de l’œuvre sans prévenir l’auteure et sans négocier un accord sur les droits qu’elle doit en recueillir.

Le contrat d’édition signé est limité dans le temps, par exemple cinq ans, ce que je proposais quand j’étais moi-même éditeur. Un auteur ne doit pas être lié à une maison d’édition pour la vie.

Les clauses dites de « premier refus », c’est-à-dire l’obligation pour l’auteure de soumettre toute nouvelle œuvre à la même éditrice, ne sont pas recommandées, car elles sont trop contraignantes. Un auteur polyvalent, qui fait des ouvrages de différents styles, perdra son temps s’il doit d’abord faire refuser son prochain livre par son éditeur. Par ailleurs, une auteure satisfaite de son éditrice n’aura rien de plus pressé que de lui soumettre son prochain manuscrit.

À l’échéance, le renouvellement de ce contrat doit être négocié et, à défaut d’entente, le contrat s’éteint, ce qui entraîne que tous les droits reviennent à l’auteur.

Enfin, il convient de le rappeler, un éditeur qui ne négocie pas ne peut pas être un bon éditeur.

Francis Lagacé

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