jeudi 16 février 2023

Les amants mythiques

 

Laissons Francis nous parler de St-Valentin

Les amants mythiques

14 février 2023

Oui, je sais, la Saint-Valentin est une fête commerciale dont l’unique but est de faire mousser le commerce des fleurs, des chocolats et de la restauration. Mais il y a moyen de pratiquer les choses autrement.

Par exemple, si vous décidez simplement d’ajouter la Saint-Valentin à une liste de fêtes que vous avez envie de célébrer rien que pour le fun, personne ne vous oblige à faire des achats coûteux : vous mitonnez un plat chaleureux et vous ouvrez, si vous êtes buveuse ou buveur, une bouteille réconfortante.

Profiter de tous les saints du calendrier pour mettre les instruments de communication sur pause, pour s’isoler de l’activité frénétique de nos vies branchées en continu, pour ralentir la fureur technique de notre monde et pour savourer la douce compagnie de l’être aimé est très différent de se soumettre au diktat du commerce selon lequel on doit se réjouir, et surtout consommer, sur commande.

La fête en question ne devient alors qu’un prétexte de plus pour s’accorder quelques heures de vacances loin des soucis quotidiens. Absolument rien n’interdit que ça se fasse dans la simplicité (je m’y emploie presque toujours) et la sobriété (ça, c’est moins ma tasse de montepulciano, mais vous avez bien le droit de vous abreuver des choses non alcoolisées qui vous plaisent : thé, thé vert, thé noir, thé de toutes les origines, café, limonade, jus de fruits ou de légumes, chinotto, mocktails, lait de chèvre, lait de brebis, kéfir, labneh, ayran, kombucha, tisanes à l’infinie variété des herbes et épices, lait de vache aromatisé, lait d’amande, lait de soja, eau minérale, ad libitum).

Quand une fête s’inscrit dans un parcours disséminé au long des feuilles de votre éphéméride en tant que motif de plaisir partagé, il n’est pas nécessaire de s’offrir une dispendieuse sortie en ville ; les chocolats ne sont pas obligatoires et l’alcool non plus si vous êtes abstème ou habituellement sobre. Il suffit de mettre au-dessus du reste le bien-être de votre foyer.

En mettant ainsi votre intimité en avant, vous ne faites que valider votre volonté de communier le plus souvent possible à l’harmonie de votre accord ; vous êtes romantique non pas cette fois-là en particulier, mais cette fois-ci entre autres.

En donnant préséance à votre lien affectif, vous additionnerez vos noms à la longue liste de ces amants mythiques, et souvent fictionnels :

Gilgamesh et Enkidu
Adam et Yves
David et Jonathan
Achille et Patrocle
Alexandre et Héphestion
Antoine et Cléophas
Iéchoua et Iohan
Hadrien et Antinoüs Abélard et Éloi
Tristan et Hervieux
Henri et Thomas
Robin et Mario
Richard et Blondel
Jules et Innocent
Roméo et Julien
William et Henri
Graham Bell et Sébastien
Oscar et Alfred
Rimbaud et Verlaine
Paul et Virgile
Tintin et Archibald
Charles et Johnny
Jean et Jean
Bruce et Dick
Tanguy et Laverdure
Lazare et Cecil
Emerson, Lake et Palmer
René et Louis-Ferdinand
Elton et David
Francesco et Riccardo
Jean-François et Lisée...

Francis Lagacé

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mercredi 1 février 2023

L’apprenti sorcier

 

Parlons de Blue Tooth avec Francis.

L’apprenti sorcier

1er février 2023

Les personnes les plus âgées se rappelleront la fin des années 1950 et le début des années 1960 quand les premières télécommandes pour porte de garage sont apparues. Lorsque le banlieusard arrivait chez lui et activait sa manette, toutes les portes de garage de toute la rue s’ouvraient en même temps sous l’effet de sa seule commande.

Plus près de nous, il vous est sans doute arrivé, si vous habitez dans un appartement aux murs minimaux comme il est fréquent à Montréal, de regarder la télé et de voir la chaîne changer sans que vous n’ayez rien fait. C’est grâce à la télécommande d’un voisin, laquelle a affecté votre téléviseur.

Récemment, j’ai eu le bonheur de rester pendant quelques jours dans un appartement dont l’équipement est connecté à Blue Tooth. Comme j’aime bien démarrer moi-même mes appareils, je ne me suis pas servi de la télécommande accessible par iPad.

Toutefois, j’ai eu la surprise de me faire réveiller à deux heures du matin par la sonnerie du téléphone que des voisins avaient réglé à distance pour leurs besoins sans se rendre compte que c’était mon appartement qui était visé. Enfin, c’est ce que j’ai dû conclure, car lorsque tous les appartements d’un immeuble sont ainsi connectés, il est difficile de savoir de quel logement venait la commande : celui d’en face, celui de droite, celui de gauche, celui du dessous, celui du dessus ?

Et aller frapper à toutes ces portes pour m’en plaindre n’aurait pas changé grand-chose à ma situation, à part me réveiller davantage. Ça n’aurait pas évité que ça se produise une nouvelle fois puisque les gens qui ont programmé un réveil l’ont sûrement fait pour leur départ. En plus, cela aurait causé un dérangement inopiné pour les locataires d’au moins quatre autres appartements.

Le lendemain, c’est mon téléviseur qui me réveille en s’allumant à minuit pour éclairer toute la chambre et diffuser par le biais d’iTunes une fort jolie chanson dans une langue qui m’est inconnue par un chanteur qui m’était tout aussi inconnu : je ne suis pas arrivé à déchiffrer l’écriture qui donnait les renseignements sur la pièce et je ne connaissais le visage de l’interprète ni d’Yves ni d’Adam. (Pour les personnes lentes, je sais que je n’emploie pas la formule consacrée. Je faisais une blague.)

Encore une fois, frapper à cinq portes ne m’aurait pas apporté grand-chose. La personne « coupable » a dû se rendre compte de son erreur après que j’aie éteint mon téléviseur.

Deux jours plus tard, alors que j’étais en train de souper, c’est le lave-vaisselle, pourtant vide, qui se met en marche. Je m’approche du tableau de bord et je vois que le programme est réglé pour durer trois heures de temps. J’ai beau appuyer sur le bouton d’arrêt, je n’arrive pas à éteindre la machine. Il faut dire que le seul lave-vaisselle dont je connaisse le fonctionnement est constitué d’une lavette, d’une bassinette et de mes mains. J’essaie la technique connue qui consiste à ouvrir la porte de la machine pendant quelques secondes, puis à la refermer. Aucun résultat.

Il me faut donc trouver le manuel d’utilisation. Je fais le tour de toutes les armoires de l’appartement. C’est évidemment derrière la dernière porte de placard que je trouve les livrets d’instructions des appareils ménagers. Et, devinez quoi, le seul qui n’ait pas été retiré de son emballage plastique était celui du lave-vaisselle.

Essayer de déchirer le plastique de ces emballages quand on est pressé, c’est enrageant et on n’y arrive pas avant de faire appel à un objet coupant ou tranchant. Je sors la pile de manuels. Le premier était en turc, le deuxième en arabe, le troisième en allemand, le quatrième en chinois, le cinquième en néerlandais, le sixième en espagnol, le septième en anglais et le huitième en français. Je le parcours rapidement et trouve la solution : appuyer sur le bouton d’allumage pendant plus de trois secondes. Ouf ! Me voilà sauvé du bruit infernal de cet engin tout comme d’une dépense d’eau et d’énergie parfaitement inutile.

Aurais-je été plus avancé en allant visiter les cinq appartements suspectables ? Pas plus que le dixième voisin de cette rue de Springfield dont la porte de garage s’est ouverte toute seule le 14 juin 1961.

Ce fut une drôle d’expérience. J’espère qu’elle aura su vous amuser un peu. Je dois avouer que, pendant ces épisodes, je me suis senti comme l’apprenti sorcier de la fable, même si ce n’est pas moi qui ai tenté de jouer avec la baguette magique.

Francis Lagacé

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Désautels, les retraites et le narcissisme

 

Laissons la parole à Francis.

Désautels, les retraites et le narcissisme 


23 janvier 2023

Le segment de l’émission Désautels, le dimanche qui portait sur les retraites en France et qui a été diffusé hier 22 janvier 2023 sur les ondes de la radio publique francophone canadienne avait tout l’air d’une saynète entièrement rédigée par McKinsey afin de faire la promotion d’une mesure macroniste.

L’animateur présente la situation en répétant les arguments du gouvernement français et fait parler un économiste qui pense exactement comme lui en lui fournissant les réponses qu’il veut entendre à chaque question qu’il pose.

Aucune place pour les arguments contraires. L’animateur va même jusqu’à prétendre qu’il suit un peu ce qui se passe en France et qu’il ne voit absolument pas comment on peut être contre cette réforme sinon le fait qu’il est difficile de toucher à un système implanté en 1945 laissant entendre clairement que les Françaises et les Français ne sont que des râleurs impénitents qui veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. En tous points les arguments spécieux et ridicules dont font usage les macronistes.

Il ne faut pourtant pas chercher longtemps pour trouver des économistes comme Thomas Porcher qui estiment que le régime n’est pas en danger. Il ne faut pas chercher loin pour découvrir des sondages, comme celui de l’Institut Montaigne, qui montrent que 93 % des travailleuses et travailleurs actifs sont contre cette réforme et comprendre que les millions de personnes qui défilent dans les rues pour s’y opposer ne sont pas des râleuses professionnelles.

Il ne faut pas non plus chercher loin pour comprendre que le fameux « régime hybride » du Canada jette dans la pauvreté les personnes âgées qui n’ont pas de régime privé. Il ne faut pas non plus chercher bien loin pour trouver des politiques aguerris comme Gérard Filoche qui expliquent posément, chiffres à l’appui, que cette réforme n’est pas nécessaire.

Cela aurait-il coûté trop à notre animateur vedette de faire connaître l’avis du Conseil d’orientation des retraites, un organisme hautement crédible, qui estime lui aussi que le régime des retraites n’est pas en danger ?

C’est quand même formidable que notre radio publique en soit rendue à servir de propagandiste à la Macronie et à ses sbires du privé.

Il y a un bon bout de temps que Désautels est irritant. Une émission d’affaires publiques ne devrait jamais porter le nom de son animateur. On doit faire du reportage rigoureux et non gonfler l’égo d’une personnalité. Cela conduit à la situation absurde où cette émission porte le nom de Désautels tout l’été alors qu’elle est animée par quelqu’un d’autre. Nourrir le narcissisme n’a jamais rien de bon.

« Je n’ai ni conscience ni esprit critique » répondait récemment ChatGPT à l’un de mes correspondants qui lui demandait de prendre parti. C’est ce qu’on peut dire du sketch joué par Désautels hier.

Et, parlant de retraite, il serait sans doute temps que l’animateur se confine à son hôtel particulier.

Francis Lagacé

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lundi 19 décembre 2022

Je me retire de vos vies, vos existences.

 

Mon plus récent poème, venant d’un rêve.

Je me retire de vos vies, vos existences.

Par Sergio de Rosemont

Vous m’avez placé dans ce lieu, ce bâtiment retiré de cette société pour y finir mes jours.

Dans cet endroit qui est comme un stationnement où on y dépose nos vieux en attendant qu’ils franchissent cette "Porte de la Mort".

Vous m’y avez placé comme si mon existence vous embarrassait.

Comme on y dépose un colis qui embarrasse.

Je me retire de vos vies car vous m’avez placé dans ce stationnement, dans ce parking pour personnes dites âgées en attente de cette mort.

Pourtant dans cette vie, j’ai aimé, j’ai pleuré, j’ai connu l’amour, l’illusion, la joie et la rage et la douleur.

Et j’y ai été placé dans ce stationnement par ceux que j’aime, il faut croire que pour eux que je n’étais qu’un bagage, un colis de trop !

Pourtant j’ai tant donné.

Dans cette vie j’ai aimé, j’ai connu l’amour, la peine, la peur, la colère soi la gamme des sentiments humains.

J’ai connu bien des douleurs comme celle du mépris, maintenant j’apprends à connaître celle du rejet.

Je suis dans ce stationnement de fin de vie et j’y attends que l’heure de traverser cette "Porte de la Mort" sonne pour moi.

J’ai tout donné, comme j’aurais tant aimé que ca se termine autrement.

Au revoir l’heure vient de sonner !

P.S : Ce texte est un poème qui m’est venu dans mon sommeil, dans un rêve.

Bizarrement dans ce rêve c’était comme si dans ce texte c’était quelqu’un d’autre que moi qui parlait.

Dans ce rêve lorsque j’entendais ce poème, j’avais en tête une personne dans les 80 ans qui le prononçait.

Je voulais le partager avec vous.

vendredi 16 décembre 2022

Technologie : la fragilité du véhicule

 

Francis nous parle de communication

Technologie : la fragilité du véhicule 


15 décembre 2022

Il m’arrive, et cela me paraît curieux, de passer pour technophobe juste parce que j’estime que les outils doivent nous servir et non l’inverse.

Dans le domaine de la communication et de l’information, la technologie est un véhicule. Elle n’est rien sans le contenu au service duquel elle doit se conformer. Si vous avez pris l’énoncé descriptif de McLuhan « Le média est le message » pour une prédiction, un souhait ou un mot d’ordre, vous êtes dans le champ.

Il s’agissait de tenir compte de l’effet contaminant ou déformant d’un mode de communication sur son contenu pour en faire une analyse rigoureuse. Mais, pour qui crée un message, le véhicule doit être au service du contenu. Pensez au message comme au plat dans la cocotte. Une cocotte appropriée permettra une cuisson optimale mais, si vous y mettez de la viande pourrie, même le plus au point et le plus beau des Creuset n’arrivera pas à rendre votre plat mangeable.

Prenons l’exemple des fameux Power Point, dont nombre de pédagogues paresseux ont cru qu’ils suffiraient à rendre leurs exposés intéressants ou efficaces. Une présentation qui ne fait que reprendre les mots du discours oral est d’une grande platitude. Une pléthore de diapositives finit par lasser l’auditoire. Les images qui ne font que reproduire fidèlement le propos sont superflues.

Les illustrations doivent dire autre chose que le texte dans le sens où elles doivent offrir un exemple concret tout en fournissant un plus à l’information transmise, et c’est le présentateur/la présentatrice qui doit orienter le regard de l’auditoire vers l’écran au moment où c’est nécessaire. Cela créera une relation dynamique entre l’orateur/l’oratrice et l’écran.

Le problème entre autres avec les technologies connectées, c’est qu’on ne les utilise pas avec un interrupteur, ce qui devrait être le cas de tout outil, sauf peut-être ceux destinés à la surveillance, mais cela n’est pas ma tasse de thé.

Quand je n’utilise pas mon ordinateur, non seulement je l’éteins, mais je le débranche. On doit garder à l’esprit qu’on est en train de se servir d’un outil. Mon père me disait souvent : « Quand tu conduis une automobile, c’est comme si tu avais un fusil dans les mains, tu ne dois jamais l’oublier. » Quand j’allume la bête à consommer du temps, je m’arrange pour être conscient de ce que je fais.

Bien sûr, tout le monde n’a pas le luxe d’être à la retraite et de gérer son temps de connexion. C’est bien pourquoi il existe un mouvement chez les travailleuses et travailleurs visant à exiger un droit à la déconnexion. Pouvoir aménager du temps pendant lequel on n’est pas joignable est essentiel à la santé physique et mentale.

Dans les arts, je suis régulièrement déçu par les innovations spectaculaires, les effets spéciaux et les ajouts techniques. Parce que, comme j’ai eu souvent l’occasion de le constater, les artifices s’usent et, à force de pitonnage, ils deviennent non fonctionnels.

Comme je ne suis pas le premier à passer dans une exposition, les boutons sont cassés, la moitié des effets spéciaux sont disparus. C’est très frustrant. Combien de fois me suis-je cogné le nez sur un appareil qui ne fonctionnait pas, sur une touche bloquée, sur un écriteau disant « Cet item est en réparation. »

De même dans les spectacles à grand déploiement technologique, si on n’a pas la chance de faire partie des premières fournées de spectatrices et spectateurs, il est fréquent que certaines ambiances laissent perplexe parce que tous les éléments ne sont pas synchronisés ou fonctionnels.

Les ordinateurs et les outils électroniques sont magnifiques quand ils marchent bien, mais tellement nuls et encombrants autrement. Il faut donc, en plus d’un entretien rigoureux et coûteux, souvent disposer de solutions de rechange.

Autre exemple de technologie fort intéressante. La traduction automatique devant laquelle j’ai longtemps été sceptique donne aujourd’hui des résultats surprenants. Des algorithmes comme ceux de Deep L détectent habilement la langue de départ et fournissent des traductions honorables. Mais il est nécessaire, bien sûr, d’en vérifier la précision si on veut être professionnel.

Ce n’est donc pas la technologie en soi qui est fautive, mais la confiance aveugle que certain·e·s y portent et l’absence de « second regard » : ce recul nécessaire pour bien évaluer si le contenu n’a pas souffert de la fragilité du véhicule.

Il convient donc de se rappeler que les outils doivent nous servir et non pas vampiriser les personnes qui les utilisent. Se donner du recul et utiliser la technologie de manière sécuritaire devrait toujours se faire en disposant de la fonction interrupteur. On devrait toujours prévoir le cas où la technique nous lâche et disposer d’un plan B. C’était un de mes conseils principaux quand j’enseignais à la formation des maîtres.

En communications, comme en pédagogie, la préparation doit être si complète et si poussée que, en cas d’effondrement technique, on puisse transmettre le message en traçant des signes dans le sable avec une branche.

Francis Lagacé

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dimanche 13 novembre 2022

Empathie

 

Parlons d’empathie avec Francis

Empathie

7 novembre 2022

J’étais adolescent et j’étais cégépien dans une petite ville où il y avait un palais de justice. Certain·e·s de mes camarades m’avaient parlé de matinées qu’elles et ils passaient comme public à la cour pour observer les travers humains. On me racontait des histoires sordides censément hilarantes. On me pressait de me joindre au groupe, histoire de se moquer des absurdités que les murs de la vénérable enceinte réverbéraient.

J’étais plutôt perplexe. J’eus l’occasion d’en parler à mon paternel en lui demandant s’il croyait que ce serait de quelque instruction pour moi. Je ne me rappelle plus les termes exacts qu’il a employés, mais cela tendait clairement à me détourner de cette tentation.

En mes termes d’aujourd’hui, j’exprime ici ce que j’ai retenu de son opinion. Essentiellement, il estimait que la misère humaine ne constituait pas un spectacle et, qu’à la détresse des gens, il ne convenait pas d’ajouter le mépris de personnes dont rien ne garantit qu’elles ne se retrouveraient pas un jour à leur place. Je suivis son conseil et ne fréquentai jamais ces auditions.

Et je m’en félicite aujourd’hui quand il m’arrive de tomber par hasard sur deux minutes d’une « télé-réalité » (j’exagère sans doute parce que ça me paraît long, ce doit plutôt être 30 secondes). J’imagine mon malaise si j’avais cédé à ces invites.

En effet, à voir ces personnages confrontés au vide et à eux-mêmes dans des intrigues dont le but est d’éliminer quelqu’un, j’en deviens nauséeux. Je me contente donc, en attendant de revenir à mon programme, de continuer mon pitonnage du temps publicitaire sur les deux autres chaînes disponibles de ma télé sans câble.

Quand, dans les dernières semaines, on a fait tout un fromage de l’affaire d’intimidation à Occupation double, si je me suis dit qu’il était temps qu’on s’en préoccupe, j’avoue ne pas avoir compris ce qu’il y avait là de nouveau. Avec les discours de 30 secondes que j’ai entendus en tombant sur cette émission, avec les commentaires que mon conjoint me rapporte de collègues de travail qui ressassent avec hargne les péripéties montrées dans ces cirques (au sens romain du terme), j’étais déjà convaincu que l’intimidation et le harcèlement collectif étaient de ce jeu cruel le principe même.

D’ailleurs, si je me souviens bien, j’ai entendu la grande prêtresse productrice de ce divertissement dire dans la publicité qui annonce son émission de soirée télé quotidienne qu’elle recevait les « exclus » de l’émission. Il y a donc bien un enjeu d’exclusion. On voit mal comment cela se ferait sans victime.

Se vautrer dans les faits divers dégage une odeur fétide. Les reportages qui insistent sur les détails sordides, les journaux jaunes avec leur étalage de sang et de larmes, la fascination pour les épanchements douloureux ainsi que les autres formes de voyeurisme dirigé vers les malheurs d’autrui, tout cela me répugne.

Finalement, le conseil de mon vieux m’aura épargné temps et dignité.

Francis Lagacé

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Celui qui renait de ses cendres est plus fort.

 

Ma réflexion suite à une pensée dans un rêve :

Celui qui renait de ses cendres est plus fort.

Par Sergio de Rosemont

Celui qui renait de ses cendres est plus fort.

Celui qui a traversé et sorti de l"Enfer de la Vie, de l’Existence" renait de ses cendres morales.

Oui car nous en sommes plus fort car nous avons appris à surmonter et traverser les épreuves.

Et de plus nous percevons la réalité avec un œil plus mature.

Souvent des détails que nous percevions auparavant comme banals, prennent plus de sens et en comprenons les pourquois et la pertinence de ces détails.

Et aussi des détails qu’ils paraissaient comme primordiaux, nous paraissent plus futiles quand nous les comprenons en profondeur.

Et surtout pour réussir il a fallu que nous apprenions à affronter le pire démon que nous pouvons avoir à affronter, ce démon étant notre propre facette négative de notre esprit.

Et oui on a tous en soi dans notre fort intérieur à la fois un Ange et un Démon.

samedi 5 novembre 2022

Libérez tous les prisonniers politiques !

 

Voici mon plus récent tableau :

Libérez tous les prisonniers politiques !

Par Sergio de Rosemont

{ Libérez tous les prisonniers politiques ! }

C'est à la fois un tableau mais aussi une pancarte pour les manifs.

mercredi 19 octobre 2022

Les vipères morales

 

→ Texte pensé le 17 septembre 2022 ←

Les vipères morales


Par Sergio de Rosemont

Les vipères morales n’ont pas toujours le visage que l’on pense.

Souvent elles ont un visage amical.

Elles joueront le jeu de vouloir aider.

Parfois, souvent les blessures dans l’âme, c’était quand on ignorait qu’il s’agissait de vipères morales et que nous commencions à leur accorder notre amitié.

Et qu’en recevant cette dague dans le dos, nous prenions conscience qu’il s’agissait bien de l’une de ces vipères morales.

Ces vipères morales ont souvent tendance à agir de façon anonyme et hypocrite.

C’est ce qui fait que parfois qu’on peut en devenir méfiant lorsqu’on est appelé à travailler dans certaines équipes.

Rien de mieux qu’une vipère morale pour empoisonner un esprit d’équipe, une ambiance de travail.

Avec le temps, après plusieurs morsures de ces vipères morales, on en devient immunisé même s’il y a une blessure, une cicatrice dans l’âme de plus.

Mais ces vipères morales finissent toujours par se trahir et elle ne s’en rende pas compte, on peut lire en eux dans leurs agissements.

mercredi 12 octobre 2022

Les beaux habits du fascisme

 

Parlons des fachos avec Francis

Les beaux habits du fascisme

12 octobre 2022

Quelle est la nouvelle la plus déprimante et la plus inquiétante qui ressort des élections québécoises du lundi 3 octobre 2022 ?

Non, ce n’est pas la distorsion causée par le système électoral uninominal à un tour qui a exagérément favorisé la Coalition avenir Québec (CAQ).

Non, ce n’est pas non plus le confinement à Montréal de l’électorat du Parti libéral du Québec (PLQ).

La stagnation du vote du seul parti de gauche, Québec Solidaire (QS) ?

Un peu, mais c’est surtout que l’extrême droite, c’est-à-dire le Parti Conservateur du Québec (PCQ), ait obtenu 13 % des votes.

Il ne faut pas s’y tromper, le Parti Conservateur du Québec est bel et bien un parti d’extrême droite digne du lepénisme et bien plus extrême que la duplessiste CAQ, qui lui sert de réservoir alimentaire. En effet, un parti formé d’opportunistes néolibéraux et narcissiques finit toujours par produire ses hordes de gloutons insatisfaits qui en veulent toujours plus et qui finiront par rejoindre les rangs d’un parti extrémiste.

Il ne faut surtout pas croire que le PCQ est un parti de centre droite. L’illusion centriste dédouane la droite, mais être à droite de la CAQ, qui est carrément de droite, c’est être à l’extrême droite. J’entends déjà les gentils ignorants nous dire qu’Éric Duhaime ne pourra jamais avoir de sympathies fascistes puisqu’il est gai.

D’abord, réglons un petit détail : monsieur Duhaime n’est pas gai. Un gai est un homosexuel qui assume la réalité sociale de sa condition. Or, le chef du PCQ est un libertarien et, comme tout libertarien, il renie tout ce qui est social, sauf quand il s’agit de l’avantager individuellement. C’est un homosexuel qui profite de la libéralité des lois actuelles et qui se fout totalement des autres. Oui, même de vous qu’il flatte de belles paroles parce que vous avez voté pour lui.

Tout le monde ne fait pas toujours le lien entre les différentes incarnations d’Éric Duhaime, mais moi je n’ai jamais oublié le petit jeune qui, au début des années 90, s’était engagé pour essayer de faire croire à la population du village gai de Montréal que le très ouvertement homophobe et misogyne chef du Parti conservateur du Canada, Stockwell Day, était gay friendly. Les narcissiques et les libertariens sont prêts à toutes les contorsions pour s’assurer un avancement personnel et la vérité est leur première victime.

Je me rappelle les beaux discours. « Il dit ça pour plaire à sa base dans l’Ouest, mais une fois élu, il ne sera pas si pire. » Un rappel pour les personnes naïves : les candidatures de droite, une fois élues, sont toujours « si pires », très « si pires » et même « plus pires » encore.

Et ne vous méprenez pas, les discours anti-grandes entreprises disparaissent vite quand ces dernières voient l’intérêt qu’il y a à appuyer ce genre d’olibrius qui fait place nette pour que les machines tournent rond. Les travaux d’Anne Lacroix-Riz ont suffisamment montré la collusion entre les capitalistes et les fascistes pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le libertarien promeut l’oxymorique individu souverain. Enfermé dans son solipsisme, il utilisera toutes les manœuvres, toutes les combines pour faire avancer sa petite personne sans aucun souci pour la justice. Et tous ces frustrés qui le suivent en hurlant « Libârté » n’ont pas la moindre idée de ce que signifie le concept de liberté en politique. Pas plus subtils que des enfants de deux ans, ils considèrent la liberté comme la satisfaction de leur instinct égoïste. Ils feraient mieux de crier « Narcissisme ! », ce serait beaucoup plus précis. Le narcissisme additionné n’a jamais créé une société de liberté, mais plutôt une jungle de chacun contre chacun et de chacun contre tout le monde.

Le libertarien, contrairement à ce qu’on pourrait croire, est objectivement le grand ami du fasciste. Un libertarien peut être homosexuel, noir, de classe inférieure. Il a beau prétendre être contre l’État, pour trouver la sécurité et l’ordre qui garantiront qu’il puisse se livrer à ses excès individuels, le libertarien n’hésitera pas à appuyer le premier fasciste venu.

Vous connaissez tous un exemple célèbre d’artiste notoirement outrancier : Dali, grand admirateur de Franco. Dali pouvait faire tout et n’importe quoi, il laissait Franco battre, emprisonner, torturer, matraquer tous ceux qui n’avaient pas le bonheur d’être assez riches pour se hisser au-dessus de la mêlée et mériter une bienheureuse exemption. Si Dali n’avait pas soutenu ouvertement l’Église catholique et le fascisme, croyez-vous que les autorités auraient protégé ses excentricités ? Non, ses œuvres auraient été considérées comme des outrages aux bonnes mœurs et il serait devenu persona non grata comme Picasso.

Un libertarien peut signer à deux mains n’importe quel décret réduisant les libertés civiles de manière draconienne pourvu qu’un petit détail incongru quelque part dans la formulation des lois ou de la constitution, ou qu’une interprétation tordue de l’une d’entre elles l’exempte, pourvu que la promesse d’un protecteur bienveillant le rassure, même si cette promesse est révocable dès que le tyran se lève du mauvais pied. Une seule chose compte : la promotion de sa petite personne.

Croire en l’adhésion à des principes, c’est méconnaître le caractère monstrueusement narcissique du libertarien. Malgré tout le fatras idéologique avec lequel il essaie de nous endormir et de se justifier, le libertarien n’a qu’une seule cohérence : favoriser son ego démesuré et faire le bonheur de ses tripes. On trouve les mêmes psychopathies chez les libertariens et les fachos : égo hypertrophié, délires paranoïaques dans lesquels le fantasme de puissance (personnelle ou transférée) occupe une place très importante, adulation de la dictature.

Si la sphère médiatique est si complaisante avec le PCQ et si elle considère comme centriste la formation de droite dure qu’est la CAQ, c’est tout simplement qu’elle reflète l’évolution de la pensée hégémonique et les croyances générales de la société. Dans une société qui croit que la terre est plate, la sphère médiatique affirmerait comme une vérité générale que la terre est plate. De la même façon, dans une société faite d’individualisme de masse et de néolibéralisme débridé, la sphère médiatique est incapable de penser que le centrisme est la cachette de la droite honteuse, ignorante ou hypocrite. C’est exactement le même phénomène qui se passe en France où le macronisme sert de marchepied au lepénisme.

Il ne faut pas confondre la cause et le symptôme. Le monde médiatique n’est jamais à l’avant de la société. Il est en son milieu. Il n’est donc que le symptôme de la pensée hégémonique. J’ai eu l’occasion maintes fois d’expliquer ce phénomène. Et les « analystes politiques » englués dans le commentaire au jour le jour n’ont absolument pas le recul nécessaire ni même souvent les grilles d’analyse utiles pour comprendre les mécanismes de l’hégémonie culturelle. Et ça donne des commentaires gentillets comme « Éric Duhaime est un habile communicateur » plutôt qu’une observation plus réaliste comme « Le chef du PCQ, au cours des années, a tenu des discours délirants dont les suivants contredisent les précédents. »

On ne vous mettra jamais assez en garde. Ici comme en France : la régression est en marche. Je me suis bien sûr arrangé pour que ça donne LREM.

Avec Meloni en Italie, Orban en Hongrie, la thatchérienne Truss en Grande-Bretagne, nous voilà vraiment mal barrés.

Francis Lagacé

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