dimanche 5 janvier 2025

Cette neige de début d’année

Voici mon poème écrit en ce début de 2025 que je partage avec vous

Cette neige de début d’année


Par Sergio de Rosemont

Je suis assis à une table, à côté de la vitrine dans ce café.

Et cette neige de début d’année commence à tomber lentement, timidement.

Comme pour ensevelir tout ce négatif restant de l’an passé.

Comme pour geler les blessures morales de cette dernière année.

Comme pour engourdir, anesthésier les désillusions de cette dernière année qui nous brûle l’âme comme un fer rouge.

Si cette tempête peut lever et amener avec elle tous ces restants de négatif qui irritent l’âme comme des aiguilles plantées profondément.

Ainsi, un nouveau départ positif et gagnant pourra démarrer.

vendredi 3 janvier 2025

Revue de fin d’année et mauvaise foi politique

 

La revue de l’année avec Francis

Revue de fin d’année et mauvaise foi politique


3 janvier 2025

À la Saint-Sylvestre, nous faisons un repas du soir bien arrosé et nous nous couchons tôt, rarement plus tard que 22 h. Nous attendons au lendemain pour regarder les émissions de fin d’année.

La revue annuelle de notre télé publique, appelée le Bye Bye, est accoutumée aux jugements sévères et le Bye Bye bashing du lendemain est devenu un sport national au Québec.

À en croire les commentaires qui inondaient mes réseaux sociaux, l’émission de revue pseudo-politique d’Infoman, qui précède le Bye Bye, était beaucoup plus drôle que la revue comique elle-même et la chose la plus drôle pendant ledit Bye Bye était la publicité. On se plaignait aussi qu’il fallait connaître toutes les émissions de télé pour comprendre les blagues.

En m’installant devant mon téléviseur avec mon conjoint au soir du 1er janvier, je n’avais donc aucune attente envers le Bye Bye et j’en avais un peu envers Infoman. Mal m’en prit.

J’ai peut-être souri deux fois en regardant Infoman, que j’ai trouvé monotone, répétitif, naïf, moralisateur et d’une extrême complaisance avec le pouvoir qu’il prétend dénoncer.

J’ai ri six ou sept fois de très bon cœur en regardant le Bye Bye. Les publicités étaient inventives, surtout celle de la nourriture pour animaux puisqu’elle liait l’habileté d’un chien dans la course aux obstacles à sa fréquentation des chantiers routiers montréalais. Toutefois, elles ne surpassaient pas en drôlerie l’émission qu’elles encadraient.

Quant au rapport avec les émissions télévisées, je n’ai eu aucun mal à deviner quand un sketch faisait référence à une série ou un programme particulier même si je n’en avais jamais rien vu, même si j’en ignorais le titre, tout simplement parce qu’on sait dans le traitement qui en est fait que c’est d’une émission de télé qu’on parle et qu’on sait bien comment fonctionnent les émissions populaires. D’ailleurs, il y avait autant de références à des films populaires qu’à des émissions de télé.

Le sketch le plus réussi est très certainement celui qui montre le ministre Fitzgibbon et le Premier ministre Legault jouant notre argent à la roulette avec Northvolt.

Mais tout cela n’a pas d’importance, car chacun selon ses sensibilités pourra y aller de ses appréciations. Là où ça blesse fort et où il y va clairement d’une escroquerie intellectuelle qu’on ne peut passer sous silence, c’est l’horrible sketch fallacieux, pseudo-scientifique et pseudo-politique qu’Infoman nous a servi en compagnie de Luc Langevin.

Dans ce sketch, l’illusionniste est avec l’animateur Jean-René Dufort (alias Infoman) en compagnie d’Éric Duhaime (chef du Parti Conservateur du Québec, qui est un parti d’extrême droite) et Ruba Ghazal, co-porteparole de Québec solidaire (qui est un parti de gauche). Le magicien montre une carte avec un mot à chacun des politiques. Puis, il leur demande de trouver le mot représenté parmi les objets sur la table.

Bien qu’on leur ait fait croire qu’il s’agissait de la même carte (c’est toutefois possible que ce soit la même carte, mais avec une face différente que cache la main de l’illusionniste en la tournant vers l’autre invité), chacun a vu un mot différent. L’objet représenté par le mot n’est pas sur la table. Mais en projetant une lumière sur certains d’entre eux, on peut voir l’ombre de l’un et l’autre objet : un chat pour Duhaime, un violon pour Ghazal. Et le curé Dufort de nous imposer sa conclusion que tout est une question de perspectives et qu’il faut s’asseoir pour comprendre l’autre.

La pauvre Ruba Ghazal, piégée dans ce guet-apens putride, a accepté cette mauvaise conclusion. Non, ce n’est pas qu’il faut s’asseoir avec le diable pour voir les choses comme lui, mais qu’il faut au contraire se méfier des manipulateurs qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

En effet, tout ça est d’une malhonnêteté extrême. Non, ce n’est pas une question de perspectives. L’expérience est fallacieuse et l’explication du différend intervient bien avant les jeux de lumière. Les invités croient avoir vu la même chose et se sont fait berner par un illusionniste. C’est le médiateur entre les deux qui est la cause du différend. Tout le reste est du bla bla insignifiant. Les ombres et les objets n’y feront jamais rien, quand on a affaire à quelqu’un qui tient un double discours (ici représenté par l’illusionniste), c’est le double discours qu’il faut dénoncer. Après, on pourra parler de la pluralité des perspectives.

Infoman voulait plaider en faveur du bothsidism parce que « la polarisation, c’est mal ». Comme ces journalistes et commentateurs politiques qui divisent tout en deux, qui ne jurent que par la simplification des points de vue afin de les présenter en « d’une part et d’autre part », il a essayé de faire la morale en usant d’artifice et de mauvaise foi. C’est d’une niaiserie à faire enrager le plus patient des saint François d’Assise.

En voulant proposer un rôle unificateur des médias, Infoman a très clairement illustré un rôle polarisateur et trompeur des médias.

Le personnage d’Infoman monte à la tête de Jean-René Dufort, qui se croit très fin et en mesure de faire la morale aux politiques. Malheureusement, et je l’ai déjà dit en de nombreux autres endroits, la majorité des scientifiques de notre époque, en dehors de leur domaine précis d’expertise, sont d’une nullité affligeante. La capacité d’analyse politique d’Infoman ne dépasse pas le niveau de la catéchèse qu’on nous imposait autrefois en première année du secondaire.

Cette prétention à faire la synthèse en disant qu’il y a du bon partout est justement ce que dénonçait Huxley dans son Meilleur des mondes, où l’on avait réalisé la fusion du capitalisme fordien avec un stalinisme eugéniste. Dès l’épigraphe, l’auteur nous mettait en garde : l’objectif est d’éviter la concrétisation des utopies.

Il y a aussi un autre problème très grave avec cette pratique du bothsidism, c’est la banalisation de l’extrême droite. Non, on ne s’asseoit pas avec l’extrême droite, on ne lui serre pas la main, on ne discute pas avec. On ne fait pas joujou avec les explosifs. Mettre sur le même pied le Parti conservateur du Québec (qui est vraiment d’extrême droite) et Québec solidaire (parti de gauche réformiste), c’est faire preuve d’une ignorance politique crasse.

En Belgique, les radio et télé publiques ne donnent jamais la parole à l’extrême droite. Elle stagne dans l’opinion. En France, l’extrême droite fait les beaux jours des plateaux. Elle y progresse à vue d’œil. Au Québec, c’est de même. On devrait pourtant s’inspirer de la prudence et de l’intelligence des Belges.

Quant à Infoman, il ne devrait pas se mêler de faire la leçon s’il n’est même pas capable de voir au-delà de la grossière manipulation qu’il met lui-même en scène. D’ailleurs, il se discrédite chaque jour un peu plus en voulant devenir copain-copain avec tous les politiques, dont certains ne sont vraiment pas fréquentables.

Francis Lagacé

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vendredi 20 décembre 2024

Je suis en novembre

 

Voici l’un de mes textes que j’ai retrouvé que je partage avec vous

Je suis en novembre


Par Sergio de Rosemont

Je suis en novembre et les feuilles d’arbre tombent comme s’il pleuvait des feuilles.

Novembre a une odeur de solitude.

Et dans un parc, de mon quartier, une personne en situation d’itinérance a monté sa tente.

Et oui cette tente est ce qui lui sert d’un semblant de domicile.

Et quand les froideurs de l’hiver vont se présenter, comment cette personne fera-t-elle pour survivre ?

Pour survivre et non pas vivre.

Se construira-t-elle un igloo ?

Encore là, avec les changements climatiques, y aurait-il assez de neige pour cela ?

Le nombre de personnes en situation d’itinérance a explosé.

Et si rien de sérieux n’est fait pour remédier à cette situation, le nombre risque d’augmenter d’une façon expotentielle.

Il faut vraiment dormir au gaz pour ne pas comprendre que la principale cause à cette hausse des cas d’itinérance est cette crise du logement.

Et malheureusement plusieurs semblent oublier que ces individus se retrouvant en situation d’itinérance sont des humains comme eux.

Très souvent, trop souvent, il s’agit de locataires évincés, entre autres.

Oui, en ce mois de novembre, il pleut des feuilles d’arbres.

Par contre, ce que j’aimerais voir ce n’est pas une pluie de feuilles d’arbre.

Mais une pluie de logements sociaux !

lundi 16 décembre 2024

Dans la vie rien n’est tout blanc ou tout noir

 

Voici mon plus récent poème que je partage avec vous.

Dans la vie rien n’est tout blanc ou tout noir


Par Sergio de Rosemont

Dans la vie rien n’est tout blanc ou tout noir.

Il y a toujours un peu ou beaucoup de gris.

Parfois il arrive un événement ou souvent le déroulement des faits nous croire que nous avons tout compris de ce qui s’est déroulé.

Et par après, on y découvre des détails qui nous font voir l’événement d’un autre angle de vue.

Effectivement rien n’est tout blanc et rien n’est tout noir, souvent comme il est exprimé d’une façon imagée dans certaines philosophies, et non pas religieuse.

Il y a dans chaque être humain à la fois un « Ange » et un « Démon ».

Ce qui signifie que tout être humain peut être un acteur du bien ou du mal tout en ayant en lui une parcelle du contraire.

Donc un humain qui créé autour de lui le bien, peut avoir dans son for intérieur une parcelle de ténèbres.

Tout comme une personne faisant autour de lui le mal, peut avoir dans son for intérieur une parcelle de lumière.

Il est important de se rappeler que nous avons tous dans notre for intérieur à la fois un « Loup Blanc » et un « Loup Noir ».

Lequel prendra le dessus ?

C’est celui que nous décidons de nourrir.

Parfois cela peut nous prendre des années avant de choisir de nourrir le bon loup !

Et même si nous choisissons de nourrir le « Loup Blanc », il peut arriver que le « Loup Noir » donne parfois des secousses.

Qui sait, peut-être que de décider d’affronter et de maîtriser son « Démon Intérieur Personnel » et de décider de nourrir son « Loup Blanc », que c’est là que la sagesse débute.

P.S : Important, les termes utilisés dans ce texte, ne doivent pas être interprétés dans un sens religieux mais plutôt dans un sens symbolique.

mardi 10 décembre 2024

Bien sûr que je suis woke, mais il n’y a pas de wokisme

 

Laissons Francis nous expliquer le wokisme

Bien sûr que je suis woke,
mais il n’y a pas de wokisme



9 décembre 2024

Que signifie « être woke » ? L’expression vient des milieux afro-américains. C’était un avertissement que l’on donnait à ses camarades de rester éveillés dans certaines villes du Sud, où leur sécurité et carrément leur vie étaient en danger. Être woke, c’est donc être alerte, sur ses gardes.

Avec le temps, l’expression permet de regrouper les différentes préoccupations pour la justice sociale, l’équité entre les hommes et les femmes, le respect des minorités, la justice écologique, bref tout ce qui constitue une démocratie saine et respectueuse.

On comprendra qu’il n’existe pas de « wokisme », car ce n’est pas un mouvement, mais bien la description d’une gauche inclusive, tout simplement. Il n’y a pas de wokisme. Je n’ai jamais adhéré à un mouvement qui s’appelle wokisme. J’ai adhéré de façon successive, et pas nécessairement dans cet ordre, aux luttes LGBTQ+, au féminisme, au socialisme, à la justice sociale... Ce sont des mouvements autonomes qui s’entrecroisent, car il y a souvent convergence des luttes et intersectionnalité. Et puis, quand on est sérieusement écologiste, on sait qu’il faut combattre le capitalisme et le productivisme qui détruisent l’environnement.

Finalement, on découvre que si on est éveillé aux besoins de notre société et à la justice sociale, on est woke, c’est-à-dire éveillé. Ben oui, éveillé, c’est pas mal mieux qu’engourdi, qu’en dites-vous ?

En revanche, l’antiwokisme existe puisqu’il s’agit d’une réaction épidermique à tout ce qui remet en question le confort d’une société capitaliste, patriarcale, blanche, hétéronormative et cisgenre.

De la même façon qu’il n’y a jamais eu de sorcellerie mais qu’on a brûlé des milliers de sorcière, de la même manière qu’il n’y a pas d’ectoplasmes mais que les chasseurs de fantômes sont légion, il n’y a pas de wokisme, mais une pléthore d’antiwokes prêts à s’insurger contre ce qui menace le statu quo ou les privilèges des classes dominantes.

Se déclarer antiwoke, c’est donc afficher ouvertement son aversion pour le féminisme, l’écologie, l’inclusion, la démocratie directe, l’antiracisme, la justice sociale. En fait, les antiwokes ont peur de ne pas pouvoir perpétuer la suprématie blanche et chrétienne. Ces personnes font des Occidentaux des victimes alors que l’Occident a pillé le monde et réduit les peuples à l’esclavage.

C’est d’ailleurs assez amusant de voir des gauchistes mous, en fait des droitistes honteux, prétendre que les wokes détournent la gauche de ses objectifs réels. Comme si la lutte des classes excluait le féminisme, l’égalité des droits, le respect des cultures et l’écologie.

Ces discours qui attribuent l’affaiblissement de la gauche à un prétendu « wokisme » sont parfaitement en phase avec le discours de l’hégémonie néolibérale qui veut faire croire aux opprimés que d’autres opprimés sont la cause de leur oppression.

En se déclarant fermement anti-woke, Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP), le chef du Parti Québécois, a fait une profession de foi droitiste utilisant la même rhétorique que Donald Trump. Entre lui et le Premier ministre Legault, c’est le concours à qui réaliserait le plus fidèlement la réincarnation de Maurice Duplessis. PSPP a même réussi le tour de force de qualifier d’antidémocratiques, les personnes qui revendiquent un plus grand respect de la démocratie et des minorités. C’est une pirouette digne de Trump et parfaitement indigne d’un successeur de René Lévesque.

Francis Lagacé

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jeudi 5 décembre 2024

Rien n’est immuable…

 

Voici l’un de mes plus récents poèmes

Rien n’est immuable…


Par Sergio de Rosemont

Rien n’est immuable… même dans ce qui est éternel, à part – bien sûr – l’âme, et, peut-être, le diamant.

Lorsque nous décédons, oui, notre squelette et nos os peuvent être préservés dans le sol durant des siècles, voire, parfois, durant des millénaires.

Mais même s’ils peuvent être préservés dans le sol pendant des millénaires, ils ne sont pas immuables : il s’y crée avec le temps une forme d’usure.

Si les os étaient immuables, il nous serait impossible de les dater au carbone 14.

Il en est de même pour les minéraux et pour les monuments créés par l’homme. De même que pour les éléments de la nature. Dans la vie, rien n’est immuable.

Rien ne peut rester immuable indéfiniment sans changement, si minime soit-il.

Dans la vie, soit on évolue, soit on régresse.

Non, l’immuabilité permanente est impossible.

mardi 3 décembre 2024

Quand on se fait voler….

 

Voici l’un de mes récents poèmes que je partage avec vous.

Quand on se fait voler….


Par Sergio de Rosemont

Quand on se fait voler son droit au bonheur, ça peut mener à la morosité. Ça peut aussi nous mener à la colère, à la révolte, et même parfois, trop souvent, à l’agressivité.

Se faire voler son droit au bonheur, ça peut aussi arriver quand on vit son bonheur avec la personne qu’on aime, et que des gens, ou des membres de sa famille, par exemple, en profitent pour exploiter nos points faibles afin de détruire la magie et ce qu'il y a merveilleux entre les deux partenaires.

On peut aussi se faire voler ce droit quand on détruit notre jeunesse en nous plaçant à l’orphelinat pendant des années à cause d’un père alcoolique. Des années qui, dans un tel endroit, semblent pires qu'un séjour en prison, en enfer.

Se faire voler son droit au bonheur, ça peut aussi être lorsque, durant nos jeunes années après l’école, dans une rue sombre, sur le chemin du retour vers la maison, il fallait affronter trois ou quatre autres élèves et se défendre contre eux, ces brutes qui nous considéraient comme un simple amusement.

Se faire voler son droit au bonheur, ça peut aussi arriver lorsqu’on a été victime de discrimination depuis sa tendre enfance.

Se faire voler son droit au bonheur, c’est aussi lorsqu’on nous met dans la bouche des paroles et des pensées qui ne sont pas les nôtres ou qu’on nous impose des idéaux, des idées qui ne nous ressemblent pas.

Se faire voler son droit au bonheur, c’est aussi lorsqu’on nous reproche des torts, des fautes qui ne sont pas les nôtres.

Se faire voler son droit au bonheur, c’est aussi lorsqu’on nous méprise parce qu’on est le fils ou la fille de « X ».

Bref, quand des rumeurs courent au sujet d’une personne, il vaudrait peut-être mieux, avant de les croire et de nourrir des préjugés, découvrir qui est vraiment cette personne avant de contribuer à lui voler son droit au bonheur!

lundi 2 décembre 2024

Parfois, trop souvent……

 

Voici l’un de mes poèmes que je partage avec vous.

Parfois, trop souvent……


Par Sergio de Rosemont

Parfois, trop souvent, dans notre passé, notre jeunesse, certains d’entre nous étions perçus par les autres comme si nous étions le simple résultat d’une fornication entre une sorcière et un démon.

Oui, certains d’entre nous, dans notre jeunesse, avons vécu durement la perception que les autres avaient de nous, parfois même dans notre famille élargie, notre parenté.

Pour elles ou eux, nous n’étions ainsi que le fils ou la fille de « X » !

Par conséquent, pour ces personnes, nous devions sûrement être à l’image de « X », avec les mêmes défauts, et cela, même des années après sa mort…

Souvent, les autres agissaient comme si les pensées de « X » étaient aussi les nôtres. Comme si nous avions choisi, avant même de naître, que notre père serait « X »

Souvent, ces gens agissaient comme si nous n’étions qu’un clone, une copie parfaite de « X ».

Souvent, ils agissaient comme s’il était impossible que nous puissions avoir des valeurs, des pensées, des désirs et des goûts différents de ceux de « X ».

Or, ceux ou celles qui nous haïssaient parce que nous étions le fils ou la fille de de « X » oubliaient un détail.

Oui, « X » leur avait peut-être empoisonné l’existence, mais il avait aussi empoisonné notre vie à nous… qui étions leur propre fils ou fille!

Nous n’avons jamais désiré exister à travers les idéaux, pensées, goûts ou désirs de « X ». Nous aspirions, comme tout le monde, à vivre en ayant nos propres idéaux, pensées, goûts et désirs.

Vivre… et non pas survivre!

dimanche 1 décembre 2024

Comment décourager l’électorat

 

Laissons Francis nous parler de la politique.

Comment décourager l’électorat



18 novembre 2024

À la suite des dernières élections états-uniennes, il se trouve déjà des commentaires qui appellent les démocrates à se recentrer. Il m’est impossible de ne pas réagir à une erreur d’analyse si terriblement grossière.

D’abord, ce n’est pas comme si le parti démocrate n’était pas déjà trop attiré par des mesures de droite. Harris a fait des compromissions regrettables sur l’environnement (fracturation hydraulique) et sur le soutien excessif à Israël dans le but de grappiller des votes de droite. Cela ne fonctionne jamais. En matière de vote de droite, les gens préfèrent toujours l’original à la copie.

Ensuite, nous disposons d’un exemple historique qui montre de façon éclatante que de diluer les mesures sociales ne fait que décourager l’électorat. L’exemple dont je parle est celui du Parti socialiste français. Le mandat Hollande a gouverné à droite, se vantant même de faire ce que Sarkozy n’avait pas osé.

Quel en a été le résultat ? L’électorat de gauche a été dégoûté. Les personnes qui ne connaissent pas beaucoup les nuances et qui avaient voté socialiste avec l’espoir de meilleures mesures se sont alors dit qu’il n’y avait aucune différence entre la gauche et la droite, et que les élections étaient inutiles. Les scores du parti socialiste ont chuté de manière dramatique et le macronisme (autre droite, mais qui se prétend neutre) a engrangé les votes des déçu·e·s. On s’est ensuite rendu compte qu’au lieu de changement, on avait affaire à encore plus du même.

Si on compare avec la sagesse du mouvement France insoumise, lequel ne transige pas avec la droite, on constate qu’il progresse doucement en appliquant la bonne stratégie : on se positionne à gauche et, au lieu de diluer son programme pour plaire à la droite, on travaille à montrer concrètement l’avantage des préoccupations sociales. D’ailleurs le Nouveau Front populaire (NFP) est arrivé en tête aux législatives avec un programme clairement à gauche. On n’élargit pas sa base en se déguisant en gauche molle.

Que se passe-t-il quand ce dernier cas s’avère ? L’électorat de gauche se démobilise. L’électorat de droite se mobilise. Les personnes qui veulent du « changement » votent à droite sans faire aucune analyse.

Le Parti démocrate n’a de la gauche qu’une trame toute trouée, et ce n’est pas en allant plus à droite qu’il convaincra l’électorat. Il faut cesser de se leurrer. Je me dis aussi parfois qu’à Québec solidaire, on devrait méditer avant de tomber dans ce panneau.

Francis Lagacé

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samedi 2 novembre 2024

Impromptu nocturne

 

Laissons la parole à Francis

Impromptu nocturne


29 octobre 2024

La promenade de vingt minutes par jour est utile, nécessaire, inévitable, sacrée, incompressible, en tout cas, elle a lieu beau temps, mauvais temps, toujours un peu semblable parce qu’il n’y a qu’une route asphaltée au milieu de ces bois, où loge la maisonnette de Jean-Christophe. Le même trajet vers le nord-ouest jusqu’au grand tournant de la carrière de sable avant la pente escarpée. Jamais vers le sud-est parce que les tortillons routiers et le rideau d’épinettes noires empêchent de voir les véhicules qui arrivent en trombe : voitures qui fuient l’arrière-pays, camions éléphantesques qui déboulent comme une crue subite emportant dans le fracas tout ce qui encombre son passage.

On dirait un conte tellement est irréel ce mini hameau appelé Castel serti à la ligne de partage des eaux, à distance égale exactement de Saint-Elphège et de Saint-Corentin dans la campagne appalachatte, comme l’appelle le Jésus-Christ ermitique, surnom donné au susnommé Jean-Christophe par ses correspondants, vous avez compris que c’est à cause de ses initiales. Quant à la campagne vallonneuse où il crèche entre l’orignal et le loup gris, vous avez peut-être deviné qu’il s’agissait des Appalaches.

Trois maisons habitées par trois taiseux solitaires d’âge et de statut différents : J.-C. le jeune chercheur écrivain en période de rédaction de sa thèse créative, M.-A. le vieux veuf voilé derrière ses vénitiennes toujours fermées et J.-P., la quarantaine, voyageur de commerce toujours en balade dont la présence se signale les week-ends par une familiale rouge.

Les trois maisons situées entre la route et le marais impraticable. De l’autre côté, la ligne de chemin de fer se réchauffe cinq ou six fois par jour, une ou deux fois la nuit, personne ne s’en rend plus compte et les rêves n’en sont pas affectés. Pourtant quand le long train de marchandises passe aux heures d’éveil, tout sait le remarquer : les murs vibrent, l’air gronde et la radio est inaudible.

Aujourd’hui, trop de lecture, trop de paresse, une sieste trop longue, un repas avec un petit verre de vin, le seigneur des thésards n’a pas trouvé le temps de marcher. Le jour est déjà tombé. La concavité d’encre bleue pétille de points brillants et une demi-lune appétissante en dore un coin. Pourquoi pas se risquer, malgré l’absence de lampadaire comme de torche électrique, à marcher toujours dans la même direction où l’on peut anticiper les survenues automobiles, quitte à suivre la ligne blanche du milieu de la route, qui renvoie faiblement la lueur de l’amie à Pierrot.

L’air est bon, pas trop frais. Les bois silencieux. Quelques glouglous dans le marais. Des pas d’abord hésitants, puis on s’enhardit. Pas trop quand même, c’est à peine si on voit ses pieds. Mais quel est ce chaton qui s’en vient vers l’écrivain lui aussi sur la ligne blanche ? Chaton au joli museau noir, tu as toi aussi une ligne blanche sur le dos.

Oh, oh, pas d’imprudence, il vaut mieux reculer lentement pour ne pas effrayer la petite bête. Elle lève le nez et trouve elle aussi que ça ne sent pas bon.

Tous les deux convaincus, ils font demi-tour : la mouffette vers l’obscurité dont elle avait émergé et Jean-Christophe vers la chaude lumière de son domicile.

NDLA : Cette nouvelle fait partie du recueil N’allez jamais à Montréal paru en décembre 2021.

Francis Lagacé

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