jeudi 15 janvier 2026

La polarisation en question 2

 

Parlons polarisation avec Francis

La polarisation en question 2

 

13 janvier 2026

Comme vous le savez, je publie rarement des textes qui ne sont pas de moi, mais je vous propose ici de lire la réflexion que m’a soumise Annie Gauvin, conseillère en gestion éthique, à la suite de la publication de mon billet du 30 septembre 2025, La polarisation en question.

Voici ce qu’elle nous dit :

« Le mot « polarisation », tel qu’il circule aujourd’hui, fonctionne comme un anesthésiant critique. Il transforme un rapport asymétrique — entre des projets fondés sur l’exclusion et la violence, et le refus de cette violence — en un conflit d’opinions équivalentes. Ce déplacement est décisif : il ne neutralise pas la haine, il neutralise la résistance.

Car nommer le racisme, la misogynie ou l’homophobie comme des lignes infranchissables devient soudain un signe de rigidité, voire d’extrémisme. Le problème n’est plus ce qui est dit ou proposé, mais le fait de refuser d’en débattre calmement. On ne remet plus en cause le contenu, on disqualifie.

L’injonction au débat joue ici un rôle central notamment quant aux violences symboliques et aux luttes de pouvoir. Elle suppose que tout soit discutable, y compris ce qui nie la dignité humaine et les fondements de la vie en société. Or certaines idées sont des dispositifs de domination. Les traiter comme de simples opinions, c’est déjà leur accorder une légitimité qu’elles n’ont pas.

Présenter les rapports entre les humains comme un « objet » de débat parmi d’autres est peut-être le glissement le plus grave vers des asymétries inacceptables. Ils constituent pourtant la base à partir de laquelle une société peut assurer son existence. Chercher un compromis avec leur négation n’est pas une posture de nuance, c’est une abdication, voire un renoncement à notre humanité.

Ainsi, parler de polarisation sans interroger ce déplacement du cadre revient à adopter, souvent sans s’en rendre compte, le terrain imposé par l’extrême droite. Ce n’est pas la société qui se radicalise de manière symétrique, c’est le centre de gravité du débat public qui se déplace, lentement mais sûrement, vers la droite, entraînant le centre avec lui.

Nommer ce processus n’est pas attiser les tensions. C’est refuser que la banalisation de l’inacceptable se fasse sous couvert de modération. Et rappeler que la clarté morale, en certains points, n’est pas un luxe idéologique, mais une responsabilité collective. »

Annie Gauvin
LAGACÉ, Francis

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dimanche 11 janvier 2026

Le regard de Gaïa

 

Mon plus récent tableau

Le regard de Gaïa

 

Par Sergio de Rosemont

Le regard de Gaïa, de Mère Nature.

Mon premier tableau pour 2026.

Photo du 11 janvier 2026.

dimanche 4 janvier 2026

Chanter son malheur

 

Laissons la parole à Francis

Chanter son malheur

 

4 janvier 2026

L’autre jour, j’ai entendu à la télévision une vedette de chez nous parler de l’avantage de chanter. Je ne la nommerai pas, car je ne veux pas lui faire de publicité ni négative ni positive. Elle déclarait du haut de sa science : « Il n’est pas possible de chanter et d’être malheureux en même temps. »

Comment peut-on méconnaître à ce point l’âme humaine ? Vous ne connaissez personne qui exprime son malheur en chantant ?

Pendant toute mon enfance et toute mon adolescence, j’ai chanté mon malheur à tue-tête. À la fin de l’exercice, j’étais épuisé. Cet épuisement me distrayait de mon malheur, mais pendant que je chantais, j’étais malheureux autant qu’il est possible de l’être.

Que fait-on des chants de deuil ? Que fait-on des chansons de peine d’amour ? Que fait-on du blues ? De l’opéra, où les sentiments sont exacerbés ? Du bel canto, où quand on est heureux, on est le plus au monde, et quand on est malheureux, on l’est plus que quiconque ?

Bien sûr qu’il est possible de chanter et d’être malheureux en même temps. C’est même pour ça que chanter fait du bien. Croire que les deux ne peuvent coexister, ce serait prétendre qu’un remède n’est efficace que si l’on n’est pas malade.

LAGACÉ, Francis

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lundi 29 décembre 2025

Persistance et réussite

 

Mon plus récent tableau

Persistance et réussite 

 

Par Sergio de Rosemont

L’inspiration de ce tableau m’est venue suite au dossier des travaux d'abaissement du trottoir devant les Habitations Pélican.

Ça aura pris des années pour que le Pélican puisse obtenir son abaissement de trottoir pour la sécurité de ses résidents ayant des problèmes de mobilité.

Il a même fallu que François Limoge, le maire de l’arrondissement Rosemont-La Petite Patrie, vienne nous rencontrer au Pélican et puise constater par lui-même qu’il y avait une nécessité d’un abaissement du trottoir devant les Habitations Pélican pour la sécurité.

En dernier c’est mon ami Yvon et moi-même qui tenions ce combat.

Le morceau de roche que l’on voit sur ce tableau est un morceau de trottoir que j’avais ramassé de la partie du trottoir démolie lors des débuts des travaux, soit le mardi 14 octobre 2025.

Le ►?◄ que j’ai peint au dos du tableau, c’est pour décrire une certaine confusion qui semblait y avoir dans le dossier et qui a peut-être fait en sorte que le délai fut plus long avant que les travaux se fassent.

Effectivement, quand François Limoge m’avait mentionné que, quand il avait consulté le dossier, qu’il ne comprenait pas le pourquoi l’abaissement du trottoir n’avait pas été fait.

Oui, encore une fois, je tiens à remercier François Limoge pour son travail.

Photos du 26 décembre 2025.

mercredi 24 décembre 2025

Le long hiver corvidé

 

Je laisse la parole à Francis

Le long hiver corvidé

(conte)

 

23 décembre 2025

À Lisbonne, ce jour-là, c’était un soleil d’hiver assez agréable. Près d’une ancienne église convertie en centre socio-communautaire, il y avait un jardin où Arthur et Julien se reposaient sur un banc, face au dieu de la lumière.

Arthur se lève et va observer un buisson de fleurs, dont Julien, resté sur le banc, n’arrive pas à déterminer le genre ni l’espèce, famille des rosacées sans doute.

Dans le ciel, tout à coup, deux immenses corbeaux cachent le soleil. L’un vole de long en large, l’autre tournoie autour d’une colonne d’air qui se situe exactement au-dessus de la tête d’Arthur. Une aura noire traverse le cerveau de Julien. « Arthur chéri, viens te rasseoir près de moi s’il te plaît ! » Julien n’ose pas lui décrire cet augure.

De retour à Montréal, fin janvier : « Julien, viens voir ! Regarde, j’ai trouvé des bosses sous mes aisselles et autour de mon cou. »

Une séquence de prises de sang et de rendez-vous compliqués allait s’enclencher. De kystes à ganglions infectieux, on n’arrivait pas à se décider. Mais une hyperkaliémie détectée dans l’une des analyses allait précipiter le séjour à l’urgence.

Le temps de faire une toilette sommaire, on appelait vivement un taxi et on se dirigeait vers l’hôpital pendant que trois corbeaux suivaient de loin en loin le véhicule dans les rues enneigées.

Le froid s’immisçait dans les os de chacun.

Les reins étaient atteints, mais pas seulement. Un lymphome de stade quatre, c’est une sentence irrévocable. Pourtant, une petite flamme clignotait. Six traitements de chimio pourraient offrir une survie de quelques années. De timides rations de soleil éclaireraient les mois de mars et d’avril, malgré la faiblesse des reins et la raréfaction des globules blancs.

Alors que les pigeons venaient habituellement sur le toit de leur immeuble, ce jour-là, c’étaient des corbeaux qui avaient pris toute la place. L’oncologue avait trouvé des cellules malignes dans le liquide céphalo-rachidien. Elle ne donnait pas cher des jours d’Arthur. Julien était révolté. Comment avait-on pu laisser espérer, puis remettre brutalement le couvercle sur la marmite ?

Il fallait tenter une dernière chance. Une chimio du cerveau, très dure pour le système, se ferait en interne à l’Institut des traitements hémato-oncologiques. Quotidiennement, Julien se rendrait passer la matinée et l’après-midi avec Arthur, réservant les soirs au lavage, ménage, courrier, marché, etc.

Chaque matin, en sortant du métro avant de prendre le bus qui menait à l’Institut, Julien voyait sur le petit arbre de l’autre côté de la rue, des corbeaux qui s’y perchaient, puis quittaient les branches pour se rabattre au sol.

Arthur désespérait de sortir de ce lieu. Chaque jour on trouvait un défaut à sa formule sanguine. Ce fut un mois de mai infiniment triste, pluvieux et froid.

Un jour tout de même, les deux amoureux virent un étourneau qui chassait un corbeau sous un soleil qui baille. Arthur sortirait de l’Institut et vivrait une pause bienfaisante pendant un été rétréci.

Celui-ci n’était pas encore terminé que le monstre reprenait ses ravages. On dut réitérer les traitements. Étonnamment, le corps d’Arthur réagissait bien. Cet après-midi ensoleillé où l’on se préparait à rentrer à la maison, deux corbeaux vinrent picorer le sol près de la fenêtre de la chambre du malade. Ils s’incrustèrent jusqu’au départ d’Arthur.

Revenu à l’appartement, Arthur manifesta des symptômes nouveaux. Son œil droit, son visage, ses jambes ne lui obéissaient plus. Après entente avec l’oncologue, on tenta un baroud d’honneur en commençant par de la radiothérapie suivie de chimios de choc. Ça devait passer ou casser. D’allers en retours, le taxi était suivi par des corbeaux arrogants.

Un matin, Arthur faisait la vaisselle. Julien s’approcha de lui pour lui caresser la tête. Il s’aperçut, à son grand désarroi, qu’il n’avait plus besoin de s’étirer pour le faire.

Julien embrassa son mari, puis le serra longuement dans ses bras. Son Arthur avait toujours saisi pour lui les objets inaccessibles, sur les tablettes du haut. Désormais, les deux auraient besoin d’un escabeau.

À la rencontre suivante avec l’équipe médicale, les dés en étaient jetés. Finies, les thérapies. On se réfugierait dans la douceur du domicile.

Même pas une semaine de trève. Après la sieste de midi, on vit un corbeau paresseux usurper le lampadaire habituel d’un pigeon.

Et l’hiver tomba sur nos deux compagnons comme une tonne de briques. Il fallut allumer le chauffage trois semaines plus tôt que d’habitude. La neige s’en mêla. Comme si ce n’était pas assez compliqué de se préparer pour aller faire les tests de suivi.

Régulièrement, une nouvelle faiblesse se manifestait. La marche plus difficile, le contrôle d’un membre qu’on perd, l’équilibre qui ne revient pas. Et comme dans la chanson de Brel, Arthur alla « du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit. »

Le cœur serré, on se résigna à entrer dans le Centre de soins palliatifs sachant qu’on sort de ce lieu quand la chaleur a fui nos veines.

Le troisième jour en après-midi, Arthur fit remarquer à Julien une nuée de corbeaux si dense qu’à son passage, c’était comme la nuit. Les oiseaux faisaient les cent coups d’ailes, allant et venant au-dessus de l’édifice, alternant l’ombre et la lumière faiblarde de décembre. Le manège dura de très longues minutes.

Au petit matin du cinquième jour, la lumière s’éteignait dans les yeux d’Arthur et l’averse interminable commençait dans le cœur de son amoureux.

Julien entamait la dernière partie de l’hiver le plus long et le plus cruel. Il l’appela l’hiver corvidé.

LAGACÉ, Francis

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lundi 22 décembre 2025

Une pensée pour toi, Raymond B

 

Voici un texte que j’écris pour un ami poète de mon passé qui aurait mérité d’être connu.

Une pensée pour toi, Raymond B 

 

Par Sergio de Rosemont

Je me souviens de toi, dans les années 70 s, lorsque je te croisais au local Encuentro.

Tu étais toujours sympathique, ne cherchant qu’à répandre la joie et le bonheur autour de toi.

Tu étais un poète.

Et je me rappelle d’une phrase que tu nous disais à l’occasion :

{ l’ordre n’est qu’un désordre ordonné ! }

Malheureusement, ce que je ne comprenais pas à cette époque, c’était que, derrière ton sourire se cachait une âme tourmentée par le rejet et le mépris à ton égard.

Et oui, souvent, trop souvent, les poètes sont des âmes sensibles et souvent trop sensibles.

Non, je ne te comprenais pas à cette époque.

Pourquoi ?

Peut-être à cause de mon manque de maturité de mes 18 / 19 ans à cette époque.

Peut-être aussi à cause de mes combats intérieurs qui me hantaient à cette époque.

Non, je n’ai pas eu la capacité à cette époque de ressentir la tourmente dans ton âme.

De percevoir ton combat intérieur.

Et je t’en demande sincèrement pardon.

J’ai pu apprendre la vérité sur ton destin plusieurs années plus tard, dans les années 2000, lorsqu’un ami commun, Bernard L, m’a appris que tu étais décédé depuis des années par suicide, que tu t’étais immolé par le feu.

Raymond, si à cette époque, mes paroles étaient blessantes envers toi sans que j’en aie conscience dans mon inconscience de ma jeunesse.

Raymond, si, dans cet autre monde, tu peux y percevoir mon texte ou ma pensée, alors je t’en demande au plus profond de mon âme, pardon !

Pardon à toi, mon ami poète !

Pardon !

samedi 20 décembre 2025

Suite à l'incendie du 14 décembre 2025, mon questionnement

 

Je crois que nous avons tous en tant que société des questions morales à nous poser

Suite à l'incendie du 14 décembre 2025, mon questionnement 

Par Sergio de Rosemont

Suite à l'incendie dans une tente aux coins des rues Masson et Iberville où une personne en situation d'itinérance a rendu l'âme.

Donc 2 jours plus tard j'ai décidé d'aller prendre des photos du terrain vague qui est situé justement au coin des rues Masson et Iberville.

C'est le soir à mon retour que j'ai pu constater dans un article de La Presse qu'en fait, oui, l'incendie avait bien eu lieu au coin de Masson et Iberville mais plus sur un petit terrain vague à côté de la piste cyclable.

Mais j'ai décidé de publier ces photos, car il y a souvent des skateurs sur ce terrain.

Et j'aimerais qu'en prenant le temps de visualiser ces photos que vous vous posiez ces questions-là :

1- Est-ce normal qu'un être humain doive y vivre, s'y abriter et y dormir ?

2- Pourquoi en sommes-nous rendus là ?

3- vous est-il venu à l'esprit que n'importe qui suite à un mauvais coup du destin ou dû à un problème de santé mentale peut se retrouver dans cette situation ?

4- Ça pourrait être l'un de vos parents, votre fils, votre fille, votre frère, votre sœur, le saviez-vous ?

5- Vous ne croyez pas qu'il serait plus que temps que les citoyens ensemble mettent ensemble la pression sur l'ensemble des niveaux gouvernementaux pour que ce problème criant soit pris au sérieux et soit régler ?

N'oubliez pas que n'importe qui suite à un mauvais coup du destin peut se retrouver dans cette situation et cela pourrait inclure l'un ou l'une des vôtres !

mardi 2 décembre 2025

Souvent quand on vieillit

 

Mon plus récent tableau

Souvent quand on vieillit

Par Sergio de Rosemont

Souvent quand on vieillit on oublie de grandir !

Photo du 28 novembre 2025.

vendredi 28 novembre 2025

Assis dans un café

 

Voici un court poème que j’avais écrit par une journée que je trouvais trop ennuyante.

Assis dans un café


Par Sergio de Rosemont

Je suis assis dans ce café sur cette rue Masson.

Et je prends tranquillement mon thé.

Les clients entrent, achètent leur pain, leur café et ressortent, comme dans une valse de la routine.

Certains prennent le temps de prendre leur temps et de boire un café sur place avant de ressortir.

Dehors, de l’autre côté de la fenêtre, les voitures roulent tranquillement.

Une journée trop calme, trop tranquille, trop fade.

Comme une pièce de théâtre trop calme.

Une ambiance à dormir, à endormir !

mardi 25 novembre 2025

Un désert de solitude

 

Mon plus récent poème sur notre société

Un désert de solitude

 

Par Sergio de Rosemont

Nous sommes dans une société de communication très développée.

Dans un monde où vous pouvez discuter avec une personne située à l’autre bout de la planète en direct.

Vous pouvez même aussi techniquement discuter en direct avec une personne se situant dans une station spatiale en orbite autour de notre.

Pourtant, oui pourtant, il y a des personnes avec un désert de solitude se situant dans leur âme et dans leur cœur.

Ces personnes peuvent vivent dans un quartier central, dans une ville de 3 millions d’habitants, leur âme et leur cœur marche dans ce désert de solitude.

Un désert qui leur semble d’une grandeur, d’une superficie infinie et indéfinie.

Un désert où, pour cette âme, ce cœur, la marche semble y être pénible et même douloureuse.

Marchant dans ce désert brûlant, avec une soif de dialogues avec cette soif d’amitié et qui sait, peut-être d’Amour ?

Effectivement, parfois, souvent, la vie ou la survie peut se retrouver dans une certaine réalité, disons paradoxale.

Vivre dans une ville de plus de 3 millions de résidents et pourtant se ressentir dans un désert de solitude.

Oui, il arrive fréquemment que la réalité en soit paradoxale !