mardi 5 janvier 2010

Étrangère dans son propre territoire.


Étrangère dans son propre territoire.

Je suis samedi le 2 janvier 1010 , il est 10 h 30 , approximatif .

Je suis en face de ce Maxi où j'attend mon autobus, lorsque j'aperçois
un homme et une femme semblant sortir du McDo tout proche.

Ils se disent au revoir.

Lui monte à bord d'une voiture et je le perd de vue.

De son bord, cette femme traverse la rue pour s'en aller vers
l'entrée du Maxi, où elle s'assis.

C'est une amérindienne dans la quarantaine.

Malgré le regard méprisant de ce passant, la dévisageant avec son
sourire narcissique, elle prend le temps de boire son café MacDo et
de fumer sa cigarette.

Son regard n'est que douleur ancrée dans l'âme, dans son âme.

Elle donc les ancêtres étaient maîtres chez-eux sur ce territoire,
semblait avoir le regard rempli de ces larmes qui coulent par l'intérieur.

Elle donc les ancêtres étaient heureux sur ce territoire, se sentait
étrangère sur son propre territoire.

Étrangère dans son propre territoire !

Étrangère dans son propre pays !

Comme une émigrée dans son propre pays !

Et oui les descendants de ceux donc ces ancêtres avaient accueillis
avec générosité, la regardaient avec mépris.

Comme s'il était obligatoire qu'elle y ressente une culpabilité.

Mais culpabilité en rapport à quoi ?

Pourquoi aurait-elle, dû être coupable de sa situation ?

Elle qui ne cherche qu'à survivre dans une société qui n'est sienne.

Dans une société qu'on lui a enfoncer dans le fond de la gorge.

Dans une société où elle est étrangère sur son propre territoire.

Maintenant que son café et sa cigarette sont terminés,
elle se lève et se dirige vers ce bar afin de s'enivrer à s'en oublier.

Question d'oublier qui elle est.

Question d'oublier qu'elle est étrangère sur son propre territoire.

Question d'oublier qu'elle est étrangère sur son propre pays.

Question d'oublier aussi, qu'elle est aussi étrangère à elle-même !