lundi 5 décembre 2016

La fin de l’État palestinien?


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La perspective d’une « solution à deux États » n’a jamais été si lointaine. Au sein de la droite israélienne décomplexée, on n’hésite plus désormais à évoquer d’autres formules, dont l’annexion partielle ou totale de la Cisjordanie. Un colon israélien religieux contemple avec satisfaction les appartements spacieux construits illégalement chaque année sur les terres palestiniennes. L’espace est trop petit pour deux États, soupire Omar Shaban, l’un des analystes les plus respectés dans la bande de Gaza. On ne peut pas tracer une frontière!

La fin de l’État palestinien?

Date de publication : 2016-12-02

La perspective d’une « solution à deux États » n’a jamais été si lointaine. Au sein de la droite israélienne décomplexée, on n’hésite plus désormais à évoquer d’autres formules, dont l’annexion partielle ou totale de la Cisjordanie.

Un colon israélien religieux contemple avec satisfaction les appartements spacieux construits illégalement chaque année sur les terres palestiniennes. L’espace est trop petit pour deux États, soupire Omar Shaban, l’un des analystes les plus respectés dans la bande de Gaza. On ne peut pas tracer une frontière!

Parfois, les mots s’épuisent. Ils sont comme des marcheurs au milieu du désert, la gourde vide. Il est une expression, au Proche-Orient, qui a longtemps été synonyme d’espoir et d’une forme de justice historique : « Solution à deux États ». Tout un programme, pour corriger le sort réservé aux Palestiniens, privés de leurs droits élémentaires dus à l’occupation israélienne, depuis bientôt un demi-siècle. Que de communiqués, de conférences, de cartes raturées et de promesses non tenues, de rendez-vous manqués et d’accusations mutuelles! Que d’attentats et d’attaques, sophistiqués ou spontanés, commis par les Palestiniens, renforçant les Israéliens dans la conviction qu’il n’y avait personne, en face, avec qui s’entendre!

Vingt-trois ans après les accords d’Oslo, qui fixaient les étapes vers un État palestinien, certains y croient encore. Négocier, encore négocier, pour ne pas reconnaître l’un des plus grands échecs diplomatiques depuis la Seconde Guerre mondiale. La France tente de stimuler un groupe de soutien pour pousser les protagonistes à reprendre les discussions, au point mort depuis l’échec du secrétaire d’État américain John Kerry, en mars 2014.

Les pays de la Ligue arabe aimeraient aussi sortir de l’animosité historique contre Israël et se concentrer sur des menaces plus brûlantes, tels les djihadistes ou les volontés hégémoniques régionales prêtées à l’Iran. Même la Russie, de retour au Moyen-Orient après son intervention militaire en Syrie, a tenté une médiation pour réunir à Moscou le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. « Cette méthode, c’est du recyclage, les Palestiniens n’en peuvent plus », lâche un responsable à Ramallah!

Adapté de Piotr Smolar, correspondant à Jérusalem Le Monde 25 11 2016

Distribué par PAJU (Palestiniens et Juifs unis)
  
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